D’abord, il y a cette pochette, vraiment réussie, qui laissait envisager un album solide de black metal bien puissant. Elle devait vraiment en jeter cette pochette en vinyle ! Eh ben, non, loupé. Après trois albums solides, pleins de promesses et un succès commercial qui commençait à se concrétiser, on pouvait attendre autre chose pour le 4e album de Testament. Rien de honteux, pas du tout, les morceaux sont bien écrits, bien construits, parfaitement exécutés mais on n’est réellement jamais emballé ou surpris, à l’image de "Souls of Black" ou "Absence of Light", pour moi les deux meilleurs morceaux de cet opus. Les musiciens font preuve d’un indéniable talent mais ça ne suffit pas à convaincre et à permettre à Testament de passer dans la 1ère division du metal, celle des énormes vedettes que sont Metallica, Megadeth, Slayer et Anthrax. Il leur manque sans doute un petit grain de folie ou de génie, un petit supplément d’âme pour ça. Le constat est là : on est loin, très loin, de la folie d’un "Over The Wall" (The Legacy) ou de l’efficacité sans concession d’un "Disciples of The Watch" (The New Order). J’ai eu l’impression d’un groupe qui voulait à tout prix assurer sans prendre de risques (ce qui n’est pas une honte) et qui fait évoluer sa musique d’un thrash assez brutal des débuts à du grunge alors en pleine mode…Même les digressions plus speed ("Love To Hate" et "Falling Fast"), font un peu pâle figure dans ce disque trop monolithique et qui manque par trop de dynamisme. Malgré des albums parfaitement recommandables, et une sincérité qu’on ne peut pas leur enlever, Testament n’a jamais su passer au niveau supérieur. Ils ont loupé l’occasion.