Avec Specter at the Feast, Black Rebel Motorcycle Club livre un album endeuillé, introspectif et sincère. Marqué par la mort de Michael Been (père de Robert Levon Been et ancien leader de The Call), le disque oscille entre hommage poignant et errance mélancolique.
Dès Fire Walker, le ton est donné : lent, brumeux, presque spectral. L’atmosphère est pesante, parfois trop, au point de diluer l’impact émotionnel derrière des structures étirées. Returning, en revanche, capte l’essence de cette douleur intériorisée, avec une délicatesse qui touche juste. Le morceau semble suspendu dans le temps, porté par une mélodie fragile, presque résignée.
Mais Specter at the Feast n’est pas que contemplation. La reprise de Let the Day Begin insuffle un souffle d’énergie bienvenue. Ce choix n’est pas anodin : c’est un clin d'œil direct à The Call, mais aussi une lumière dans un album souvent noyé dans l’obscurité. À l’opposé, Sell It revient à un rock plus cru, plus immédiat, mais manque un peu de la rage maîtrisée qui faisait mouche sur leurs précédents opus.
Malgré ces instants forts, l’album s’étire parfois en longueur (Lullaby, Lose Yourself), laissant une impression diffuse, comme si BRMC n’avait pas totalement trouvé la forme juste pour porter son deuil jusqu’au bout. L’intention est là, l’émotion aussi, mais l’album peine à tenir la tension sur la durée.
En résumé : Specter at the Feast est un album sincère et habité, traversé de belles idées mais inégal dans l'exécution. Une œuvre de transition plus qu’un manifeste, émouvante mais un peu perdue.
Note : 6.5/10