4e album pour Al et le guitariste met les petits plats dans les grands : tous les grands du rock ont eu leur double album (Beatles, Dylan, Hendrix…) alors pourquoi pas lui ?! C’est ce qu’il nous propose avec ce « Splendido Hotel » en 1980, roboratif menu où on va trouver à peu près tous les styles. Al est accompagnée d’une pléthore de légendes, que ce soit les fidèles depuis le début ou presque (Anthony Jackson, Steve Gadd, Mingo Lewis, Jan Hammer) ainsi que des invités comme Les Paul, Philippe Saisse et Chick Corea ! C’est Saisse qui compose d’ailleurs « Roller Jubilee » en version latino pop disco ! Mouais…J’ai essayé d’imaginer la voix d’Al Jarreau dessus et ça collerait. Dommage qu’il n’ait pas tenté un duo. Tiens, tiens, Saisse a été un collaborateur fidèle de Al Jarreau, pas un hasard alors 😉. «I can tell » m’a fait, lui, penser à du George Benson mais était-il nécessaire que di Meola pousse la chansonnette ??? Se poser la question est déjà y répondre. Même ambiance funky pop jazz avec «Al Di's dream theme », titre s’expliquant par le fait que certains fans l’appellent « Aldi » croyant qu’il s’agit de son prénom !!! 😄 Oui, oui, vous en avez pour tous les goûts, c’est simple. Du rock bien puissant, les doigts dans la prise d’électricité comme dans «Dinner Music For The Gods » avec un riff presque hard rock !
Ça ne vous suffit pas ? Ne vous inquiétez pas, il y a aussi du latin jazz, sa marque de fabrique : «Silent story in her eyes », «Spanish eyes » et son intro aux castagnettes et le duo entre Al et Les Paul à la guitare. Là, vous êtes illico en Andalousie. Du jazz world aux ambiances orientales ? C’est «Alien chase on arabian desert ». «Splendido sundance » se veut une suite de son tube « Mediterranean Sundance ». Si vous préférez l’Amérique du Sud aux rivages de la Méditerranée, Di Meola vous emmène en Argentine avec « Two to tango » avec son ex-complice de Return to Forever, Chick Corea. Ce dernier signe aussi «Isfahan » une sorte de jazz progressif de 11 mn si ça vous manquait ?! Pratiquement 70 mn de musique, le menu est copieux, sans doute trop quitte à frôler l’indigestion, avec un côté «Écoutez tout ce que je sais faire » qui peut lasser à la longue. Mais attention, c’est un bon album, solide dans l’écriture, l’interprétation et la production impeccable. On sent quand même un album roboratif avec ses qualités indéniables. Peut-être la fin d’un cycle avec les premiers albums magistraux ?