Stadium Arcadium, ou mon album préféré des Red Hot Chili Peppers. Allez y, hurlez au scandale ! Les puristes avaient déjà arraché leurs conduits auditifs plutôt que de s'infliger Californication, infiniment trop pop pour leur attitude rebelle... By the way poursuivait dans cette mouvance, Stadium Arcadium a achevé la mutation. Les Red Hot Chili Peppers font à présent de la musique Pop-Rock, et ils le font bien. Magistralement bien.


Déjà, la quantité seule impressionne. Double CD, 28 titres. Pas d'albums concept cependant. Les titres sont dissociés les uns des autres et peuvent s'écouter indépendamment au gré des envies, dans un mode shuffle ou disséminés dans des playlists.


Ensuite et surtout, la qualité. On a tendance à dire d'un album qu'on aime qu'il n'y a "que des tubes" alors que dans les faits, il y a toujours quelques morceaux plus faibles, de transition entre deux extases sonores. Dans Stadium Arcadium, dire qu'il n'y a que des tubes n'a rien d'hyperbolique. Chaque titre a le potentiel d'un single ravageur, capable de squatter les ondes radiophoniques six semaines durant sans lasser l'auditeur. Et rappelez vous qu'il y a 28 titres. Et pourtant j'ai cherché, à forces d'écoutes, les passables ou les "juste bien" mais rien à faire, si des affinités se créent avec des morceaux en particulier, je ne trouve tout simplement pas un morceau à minorer.


Enfin, pour sa dernière collaboration avec les Red Hot Chili Peppers, John Frusciante livre une partition de génie, habillant les compositions de riffs et solos de guitares enfiévrés absolument jouissifs, avec en parangon une envolée finale dans le titre de "Wet Sand" qui m'arrache facilement des larmes de pur bonheur.


Le reste du groupe n'est pas en reste, le chant si particulier de Anthony Kiedis, toujours entre la mélodie et le parlé habite chaque titre, tandis que la colonne vertébrale de ligne de basse de Flea densifie les chansons, ponctuées par la batterie rageuse et posée à la fois de Chad Smith.


Alors oui, la rébellion sonore des Red Chili Peppers est terminée. Plutôt que de singer leur jeunesse, le groupe californien a préféré amorcer un virage bien négocié qui personnellement me ravit, tout en jolies mélodies entraînantes et furieuses, en harmonies puissantes et incantatoires, en morceaux qui te restent définitivement dans la tête.

Hypérion
9
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le 5 mars 2012

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Hypérion

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