« Si Starlite Walker a nettement plus de tenue que ce qui a précédé (voir les EPs Dime Map of the Reef et Arizona Records, regroupés sur la compilation Early Times) c’est pas non plus Butch Vig aux manettes, et je ne vous gâche pas la fin si je vous dis que le machin se vendra moins que Nevermind. Le premier Silver Jews a certes l’immense qualité d’être écoutable, mais dans le processus il conserve aussi le charme du fait maison. Starlite Walker ne brille pas particulièrement par sa construction, les morceaux semblent avoir été jetés sur la galette comme on lance les dés d’une partie de 421. S’il y manque cette dynamique nécessaire pour dire d’un album qu’il est grand, Starlite Walker triche en calibrant ses thématiques sur sa forme foutraque. Dans l’air du temps, les Silver Jews chantent l’escroquerie de cet âge adulte qu’on leur avait vendu comme la liberté, en traînant des pieds devant l’ampleur du bordel qui reste à ranger dans leur chambre. Dans la grande famille des marginaux du rock des 90’s, on a les sarcastiques de la brit-pop, les grincheux du grunge, les punks californiens potaches et les mélancoliques du lo-fi, les plus chaleureux sans doute, bien incarnés par David Berman et Stephen Malkmus. Le premier n’ose pas chanter, le deuxième essaie trop, c’est ainsi qu’ils trouvent leur équilibre pour boiter vers votre cœur et ne plus en sortir. »
Extrait de l’épisode de Graine de Violence « David Berman, l’héritage empoisonné », entièrement disponible ici :
https://graine-de-violence.lepodcast.fr/david-berman-lheritage-empoisonne