Strangeland
6.4
Strangeland

Album de Keane (2012)

“Strangeland” : un retour en terrain trop balisé

Avec “Strangeland”, Keane signe un album sincère mais peu audacieux, à mi-chemin entre nostalgie maîtrisée et manque de renouveau.


Trois ans après Perfect Symmetry, Keane revient en 2012 avec Strangeland, un album qui revendique un retour à une écriture plus directe, plus émotionnelle. Un virage qui semble vouloir renouer avec les débuts du groupe, mais qui laisse paradoxalement un goût d’inachevé.


Dès les premières écoutes, on reconnaît la patte Keane : mélodies aériennes, piano omniprésent, voix limpide de Tom Chaplin. Des morceaux comme Silenced by the Night ou Disconnected portent indéniablement la signature du groupe, avec ce mélange d’élan mélodique et de mélancolie douce qui a séduit leur public depuis Hopes and Fears.


Mais cette fidélité au style maison s’accompagne ici d’un certain manque d’aspérité. La production est propre, trop propre même. Le son est poli, chaque titre calibré, parfois au point d’en devenir prévisible. L’album donne ainsi une impression de confort — agréable, certes — mais sans surprise.


Les paroles, souvent introspectives, abordent des thèmes familiers : l’amour, la perte, le doute, la quête de sens. Pourtant, là où Keane savait autrefois toucher juste avec des formules simples et poignantes, les textes de Strangeland peinent à susciter une émotion durable. Trop sages, trop linéaires, ils manquent de cette fulgurance qui pourrait élever l’album au-delà de sa base mélodique solide.


Si l’on perçoit une volonté de retrouver l’essence du groupe, Strangeland semble également freiné par une certaine frilosité artistique. Là où on aurait pu espérer une évolution, une exploration sonore ou narrative, l’album s’installe dans une zone de confort qui finit par l’affadir. Il rassure les fidèles, mais risque de ne pas convaincre au-delà.


En somme, Strangeland est un disque sincère, bien réalisé, porté par des musiciens talentueux. Mais il manque d’élan, d’ambition, de cette étincelle qui transforme une bonne chanson en moment marquant. Avec une note de 5.5/10, il ne s’agit pas d’un échec, mais d’un disque qui passe sans réellement marquer. Un retour, oui — mais sans éclat.

CriticMaster
6
Écrit par

Créée

le 15 avr. 2025

Critique lue 13 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 13 fois

D'autres avis sur Strangeland

Strangeland

Strangeland

6

GuillaumeL666

8476 critiques

Sovereign Light Café

Keane a poursuivi sa carrière de façon très cohérente. Après nous avoir fait plonger dans la dépression avec les deux premiers albums (comment ça j'exagère ?) les deux albums suivants, dont celui-là,...

le 26 nov. 2020

Strangeland

Strangeland

9

FoxxyNico

5 critiques

Sur la route

Quelque chose d'épatant et de spécial se dégage de cet opus. Non, ne comparez pas Strangeland avec Hopes & Fears, bien que le style musical soit à peu près le même (la basse en plus). Certes il n'y a...

le 23 sept. 2012

Strangeland

Strangeland

6

CriticMaster

2300 critiques

“Strangeland” : un retour en terrain trop balisé

Avec “Strangeland”, Keane signe un album sincère mais peu audacieux, à mi-chemin entre nostalgie maîtrisée et manque de renouveau.Trois ans après Perfect Symmetry, Keane revient en 2012 avec...

le 15 avr. 2025

Du même critique

The Pervert's Guide to Ideology

The Pervert's Guide to Ideology

8

CriticMaster

2300 critiques

Voir ce qu’on croit : un vertige philosophique captivant

Aujourd’hui, je vous parle de The Pervert’s Guide to Ideology, un documentaire réalisé par Sophie Fiennes en 2013, avec le philosophe Slavoj Žižek. J’ai mis 8/10 à ce film, parce qu’il m’a...

le 30 avr. 2025

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025