En 1997, IQ se lançait dans un classique du rock progressif, le fameux double album qui normalement doit vous faire entrer dans l’histoire (ou vous planter, c’est aussi possible…). Le résultat est gargantuesque avec un double CD d’1h40 qui nous raconte une histoire en continu et c’est vrai que même si le groupe privilégie des morceaux courts voire très courts, jusqu’à la pièce finale «The Narrow Margin » de 20 mn, on peut aussi sentir un petit flottement à certains moments tellement le programme est roboratif (surtout CD2). Cet album raconte l’histoire d’un personnage qui n’appartient pas à notre monde. Il n’a pas de nom et est retenu prisonnier par une entité connue sous le nom de « Provider » qui répond à tous ses besoins. Tout s’accélère quand il est envoyé dans le réel où il va découvrir et apprendre ce qu’est la vie avec les bons et les mauvais cotés. Un programme riche qui permet de varier les ambiances et les styles musicaux. Deux instruments tiennent la vedette. Contre toute attente on trouve la basse qui joue un rôle primordial dans toutes les constructions et beaucoup plus naturellement, le clavier. Ce dernier est omniprésent, dans les solos et arrière-plan. Ce qui signifie tout de même que la guitare est forcément moins mise en avant. Leurs influences sont toujours évidentes, en particulier Yes (si j’avais écouté IQ à l’aveugle et qu’on m’avait demandé qui j’écoutais, je crois que j’aurais répondu la bande à Steve Howe) ou parfois Genesis (période Phil Collins) sur le format « chansons » de 3 à 5 mn. Allez au final, un CD simple aurait peut-être suffi sur 70 ou 80 mn par exemple mais il nous reste un double album solide, foisonnant, parfois au risque du trop-plein. IQ ne nous offre pas un chef d’œuvre mais un album intéressant, bien pensé et construit, joué par des musiciens d'exception; c’est déjà beaucoup.