Marcus Miller n’était pas un novice quand il enregistre cet album en 1982 puisque dès les seventies, il écumait les studios en devenant un des « session men » les plus recherchés pour jouer sur un album ou un jingle de pub, peu importe, un morceau ou quelques notes seulement, parfois plusieurs enregistrements dans une seule journée !!! À 16 ans, il était déjà un musicien hyper recherché ! Logique qu’en 1982 il ait donc voulu sortir son propre album. Du funk imprégné de jazz, c’était le son de l’époque. Il s’est entouré de certains amis prestigieux qui s’appellent David Sanborn (reconnaissable en quelques notes au saxo), Luther Vandross dans les chœurs, Mike Mainieri au vibraphone et Buddy Williams, Yogi Horton et Harvey Mason à la batterie selon les morceaux ! Pas mal comme équipe. Marcus est un des meilleurs bassistes de sa génération, on le sait, il suffit d’écouter les 1ères notes de « Lovin’ You » le morceau d’ouverture avec sa basse slappée ! Le groove est là et bien là. Sauf que Marcus a voulu chanter sur tout l’album et s’il est multi-instrumentiste fabuleux, il n’est qu’un chanteur honnête, sans plus, je pense qu’il le reconnaîtrait volontiers. Encore plus quand on a un chanteur de la trempe de Vandross pour assurer les chœurs !
Je comprends que sur son 1er album, il ait voulu montrer sa polyvalence mais je pense que cet album intégralement chanté par Vandross aurait eu une autre trempe. Et bien qu’il soit indéniablement sympa, si on le compare à ce qu’un Prince réalisait à la même époque, il ne boxait pas dans la même catégorie. Tout ça manque quand même un poil d’originalité. Mais c’est la rencontre avec Miles Davis qui va tout changer quand Marcus va réaliser pour lui l’album de la résurrection, celui qui va le faire connaître au niveau international, l’immense « Tutu » en 1986. Et dès qu’il reprend « Tutu » en concert aujourd’hui encore, dès les 1ères notes, le public rugit de plaisir !