...But he does a lot of thinkin' 'bout how to save the sea (That's where the whales are)

Chronologie The Beach Boys - Part. 27 :


https://www.senscritique.com/liste/chronologie_the_beach_boys/4141338


Comme "Still Cruisin' " , "Summer in Paradise" n'est pas disponible sur les plateformes de streaming, et c'est difficile de savoir si il s'agit d'un désaveu total pour ce qui est considéré comme le pire album des Beach Boys jamais sorti, ou bien si la raison se cache ailleurs. En tous cas , à l'inverse de l'album précédent, on ne peut pas reprocher à ce disque un manque de cohérence, et pour la première fois depuis la création du groupe, c'est Mike Love qui prend la responsabilité totale de la direction artistique, uniquement appuyé par Terry Melcher à la production. Et le mot d'ordre de Mike est simple : on va ramener l'été , la plage, le surf et les jolies filles au centre de l'œuvre du groupe, comme à la grande époque de la fameuse "formule" qui a fait leur succès. Ainsi toutes les chansons du disque (à l'exception de la reprise de "Forever" à la fin) tourneront autour de ces thématiques, avec même un petit discours environnementaliste placé viteuf sur le deuxième couplet du morceau titre , et le projet est de surfer sur le succès de "Still Cruisin' " (enfin surtout "Kokomo") et se débarrasser des névroses et expérimentations des frères Wilson pour redevenir un groupe de pop ensoleillée qui vend plein de disques et met des gonzesses en bikini dans ses clips, et surtout rendre à Mike Love (qu'on peut entendre au lead sur la grande majorité des morceaux) sa couronne de vrai chanteur du groupe..


En toute franchise, si je sais que Mike est conspué à cause de cet album, et bien je comprends quelque part sa démarche. Et non seulement je la comprends, mais je pense qu'après 30 ans de services ultra chaotiques, il a bien mérité un album qui représenterait véritablement sa vision. Ainsi on a donc ici 6 morceaux originaux écrits par Mike avec Terry Melcher, 3 reprises de classiques pop des années 60 , 2 réactualisations de vieux morceaux du groupe ("Surfin" , leur tout premier single, et le "Forever" de Dennis, qui aurait potentiellement pu être un joli hommage au batteur décédé tragiquement 9 ans plus tôt), et pour finir un morceau de Bruce, seul membre donc à part Mike qui participe à la composition. Et c'est là que ça commence à sentir un peu bizarre, il y a quelques signaux vraiment négatifs : Brian totalement exclu de l'enregistrement, Al vraisemblablement écarté à cause d'un obscur contentieux, et Carl présent au lead sur quelques chansons, mais qui ne signe donc aucun morceau lui même... Mike met plutôt le paquet sur son image et son nom ("Summer of Love" et son "It's a LOVE thing"), jetant un voile sur tout se qu'a pu sortir le groupe entre 1965 et 1980, et la volonté est vraiment de dépoussiérer le nom du groupe en participant à des séries TV à la mode à l'époque comme Full House, Baywatch, ou même les Simpson (même si cette collaboration ne s'est finalement pas faite). On tente même une inspiration hip hop avec les couplets rappés de Mike sur "Summer of Love", histoire d'attirer un public plus jeune et on balance ça sur les radios, en attendant un nouveau âge d'or du groupe malgré leur cinquantaine bien entamée.


Sauf qu'il n'y a pas de suspense et vous connaissez déjà la chute de l'histoire, l'album est un échec commercial et critique, et par bien des aspects un quasi nanar musical , et ce n'est pas les modifs faites pour la sortie UK qui permettront de relever le niveau. Sur la playlist Youtube que j'ai écouté c'est la version US qui est présente, je n'ai pas écouté l'autre (et n'ai pas spécialement envie de le faire), et voilà mon avis sur le contenu.


En fait ce qui est dommage, c'est que tout n'est pas à jeter dans "Summer in Paradise", il y a même quelques bonnes idées et chouettes morceaux, mais qui sont submergées par les mauvais choix, le premier étant une production artificielle désastreuse, à grand coup de boite à rythme robotique, et qui noie tous les instrumentaux sous des couches synthétiques difformes. Les bons points, et bien ce sont pourtant les compos Love / Melcher, enfin certaines d'entre elles. "Lahaina Aloha" est un tube absolument magnifique, meilleur morceau du groupe sorti depuis 10 ans , excellente mélodie et super alternance Mike / Carl au lead, très bon riff guitare, je l'adore premier degré. Je sauve ensuite "Still Surfin'" , "Strange Things Happen" et "Summer in Paradise" , malgré le fait qu'ils soient touchés par les problèmes de production dont je parlais avant (et en dépit de l'autocitation honteuse sur le premier couplet de ce dernier), ils ont tout à fait leur place en tant que fillers sympas et correspondent à l'esprit Beach Boys dont il est rassurant de voir que Mike arrive encore à l'incarner correctement.


Par contre il y a des faux pas inadmissibles, de ceux qui font plonger l'album immédiatement dans les abysses de la discographie du groupe. Je parle bien sûr des 3 reprises, dont un "Remember (Walking in the Sand)" totalement hors sujet et qui casse complètement le charme du morceau de base, et surtout des deux reprises des Beach Boys eux même. Le "Surfin" est honteux, on dégomme la simplicité et le fun de la chanson pour placer des rythmiques de mammouth dégueulasses , le refrain est détruit, c'est un véritable sabotage. Quant à "Forever", je suis persuadé que John Stamos est armé de toutes les meilleures intentions du monde, mais en aucun cas on peut considérer cette version comme un hommage à Dennis et son travail. L'ambition est simplement de mettre en avant un nom connu qui parle aux jeunes générations, c'est un argument mercantile à vomir qui crache sur l'héritage artistique de Dennis, c'est vraiment pas bon du tout et ça n'a plus rien à voir avec la déchirante version du morceau parue sur "Sunflower" (aaah "Sunflower" ... *soupir). Cerise sur le gateau : le single "Summer of Love", tête de gondole de ce nouveau projet et où Mike se ridiculise, essentiellement lui même tout seul comme un grand, mais par extension entraine avec lui tout le groupe et donc cet album.


Alors en effet il n'y a pas mort d'homme, on peut même dire que c'est un échec tellement nanardesque et involontairement drôle parfois qu'il n'est ni ennuyeux , ni vraiment énervant, et au moins Mike ne pourra pas dire qu'on ne lui a jamais laissé les coudées franches sur un album complet. Mais après ça on devra attendre 20 ans pour avoir un autre album original du groupe, et on entendra plus jamais Carl chanter une chanson originale sur un album des Beach Boys. Pour le coup ce n'est pas la faute de "Summer in Paradise", mais ça rend son écoute d'autant plus amère...

VinnieJones
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes 2025 en ALBUMS et Chronologie / The Beach Boys

Créée

le 12 déc. 2025

Critique lue 15 fois

La fête est finie

La fête est finie

10

VinnieJones

le 24 oct. 2017

Suivre

Demain, c'est bien

Compliqué de dire ça sans passer pour un fan boy à 2 balles, mais Orelsan est mon artiste français préféré et un de ceux dont je me sens le plus proche, tous genres confondus. C'est un peu comme si...

Don Jon

Don Jon

8

VinnieJones

le 24 juin 2015

Suivre

Beauf Story

J'ai beaucoup aimé ce film, sauf la partie avec Julianne Moore qui m'a un peu déçu. Je m'explique... Quand le personnage principal d'un film n'est pas quelqu'un de bien, alors l'objectif sera soit de...

Breaking Bad

Breaking Bad

8

VinnieJones

le 26 juin 2015

Suivre

The Good, the Bad and the Junkie

Selon moi la véritable originalité de Breaking Bad, c'est que là où certaines des séries les plus populaires choisissent de montrer des hommes mauvais qui dévoilent peu à peu leurs côtés positifs...