Un album de Punk !! Tiens tiens...
Ce joli mot a toujours cet effet euphorisant sur votre serviteur.
Un mot qui n'est pas sans lui rappeler les grandes heures, ces grandes heures à martyriser ses tympans à coups de meuglements stridents "Rotteniens" et autres riffs rageurs arracheurs de tympans.
C'est Joe Strummer sciant sa gratte à mains nues pour te balancer son "London Burning" rempli d'échardes en pleine gueule.
Ce sont les Ramones et leurs cuirs râpés te vantant les bienfaits de sniffer de la colle plutôt que d'écouter tes bons à rien de professeurs, ou bien encore le grand Richard Hell gravant sur vinyle et laissant à la postérité sa quinte de toux dégueulasse sur le final d' " Another world".
Ces merveilleux souvenirs de piquouzes d'adrénaline Rock en plein dans ton oreille interne, ces moments d'urgence et ces déchaînements de violence acoustique libératrice pour le petit rebelle empestant la bibine bon marché que tu étais (Oui, toi !).
Alors un album Punk version 2014 jouissant d'une bonne réputation, c'est la case Rock "braillard" et relents de bière chaude qui s'ouvre directement dans ton cerveau.
Les Parquet courts !! Voilà le nom des coupables.
Ces texano-New Yorkais avaient dèjà enflammé les oreilles de leurs contemporains avec les "Stoogiens" "Light Up Gold" et "Tally all The Thing That You Broke" où leur Punk d'ado à problèmes et leurs cordes de gratte usées et tendues comme des strings avaient fait merveille.
Ils reviennent avec l'énervé "Sunbathing animal" et tels des chamanes imbibés de cervoise tiédasse font revivre dans cet opus, les glorieux ancêtres du Rock avant-gardiste et colérique.
Du somptueux et poétique "Television" de Verlaine et Hell aux pères fondateurs façon "Stooges" et son iguane d'Iggy jusqu'aux "Strokes" début 00's, en passant par la guitare en fer forgé de Jack White et ses bandes blanches.
Les influences y sont nombreuses et assumées, pourtant nos gaillards ne se laissent jamais bouffés par les grands ancêtres et livrent un disque original et entêtant.
Parquet Courts fait un tour complet du genre et nous livre un panel étoffé de ce qu'était et de ce qu'est le Punk Ricain.
Des survoltés et "Ramonesques" : "Sunbathing animal" et "Ducking and dodging" au Punkissimes et "Stoogiens" : "Black and white" ou "Always back in town".
Nos jeunes gaillards ont aussi appris à ralentir le tempo et s'approche sur des morceaux comme "She's rolling" ou "Instant disassembly" de l'apogée que représente le chef d'oeuvre novateur de Television : "Marquee moon".
Des morceaux qui prennent de l'ampleur, qui s'enrichissent, qui s'allongent aussi.
Des parfums d'Acid Rock et de Punk Progressif viennent contrebalancer les morceaux "Garage" plus couillus joués pied au plancher.
Un album riche et foisonnant, une balade les doigts dans le pif et une bière à la main au royaume du Punk Ricain.
Une sorte de musée de l'Underground Rock "z'tasunien" où l'on passe devant les statues des commandeurs du genre : D'Iggy aux Ramones et de Richard Hell aux White Stripes.
Un musée bien garni où les guides ne font pas que réciter leur leçon et lire leur texte de présentation mais participe activement à enrichir la collection d'oeuvres du lieu où ils travaillent.
https://www.youtube.com/watch?v=igvbkKcRz5o
ou
https://www.youtube.com/watch?v=1NajO6Ua-kQ