Le début de la fin de l’aventure avec Ozzy.

Jusqu’à « Sabotage », Black Sabbath avait presque réussi un sans faute, hissant son heavy metal vers des sommets de lourdeur et de noirceur inexplorés. Ils avaient créé un style à eux seuls dans lequel de nombreux groupes avaient commencé à s’engouffrer. Et puis survient ce « Technical Ecstasy » en 1976 et on peut le coir comme le début de la fin. Le groupe commence à se désagréger peu à peu, les addictions devient calamiteuses et minent les musiciens. Ce qui était un plaisir et un amusement au début ne l’est plus. C’est Iommi qui tient désormais le groupe à bout de bras et fait tout pour que cet enregistrement aille à son terme. Il s’occupe même seul de l’enregistrement en studio et de la production pendant que les autres profitent des plages de Miami, sirotent des cocktails les uns à la suite des autres ou s’enfilent dans le nez la moindre saloperie qui traîne à proximité. Ozzy, lui, commence déjà à penser à partir vers d’autres horizons (quand il est en état de le faire, ce qui lui arrive à ce moment-là de moins en moins souvent…). Bref, on est un peu paumé à écouter cet album, loin du heavy metal de « War Pigs » ou « Children of the grave ».

Mais Iommi veut essayer d’autres ambiances, bousculé à la fois par le rock progressif et les débuts du punk qui mettait un grand coup de pied dans la fourmilière. L'image du groupe est aussi renouvelée avec une pochette surprenante par rapport aux précédentes ("Deux robots qui baisent sur un escalator" selon Ozzy, mouais, je vous laisse juge 🙄). Cet album débute pourtant bien avec « Back Street Kids », « You Won’t Change Me » (un des rares riffs bien lourds de cet album) et là, je me disais que ça allait le faire. Sans être extraordinaires ; ces titres se tenaient bien. Et puis la suite ne tient pas ses promesses. C’est Bill Ward qui chante la ballade "It's Alright" et ça ne vole pas bien haut ; il a raconté qu’il était un gars positif et qu’il voulait encore croire au groupe. C’est alors un peu se voiler la face malheureusement. « She’s gone » et ses arrangements mélodramatiques évoquent ce que Ozzy pourra faire en solo. Certains trouvent cette chanson émouvante, moi je la trouve plaintive et loin de la grandeur du Sabb’. Heureusement le « Dirty Women » final achève cet album de belle manière mais tout le milieu de l’album n’arrive jamais vraiment à décoller. On sent bien qu’ici Tony se retrouve seul aux manettes, et qu’un seul homme, si talentueux soit-il, ne peut sauver un groupe qui se délite. Il va essayer encore trois ans de maintenir le gouvernail, et c’est un exploit sur une durée pareille, vu l’état de délabrement des protagonistes mais le temps d’Ozzy dans la formation était compté. Un album tourné bien plus vers le hard rock que le heavy metal mais qui n’est pas honteux non plus grâce à la présence de quelques bons morceaux.

JOE-ROBERTS
6
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le 11 août 2026

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Vincent_Labourdette

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