Après l’immense D.I. Go Pop, forcément les attentes étaient énormes. En plus ici, il ne s’agit même pas vraiment d’un “vrai” album studio classique mais d’une compilation de morceaux enregistrés avant la séparation du groupe. Pourtant, dès les premières minutes, une évidence revient : personne ne sonnait comme Disco Inferno. Et honnêtement… très peu de groupes sonneront comme eux après non plus.
“Technicolor” ouvre le disque avec ce chic complètement absurde pour transformer des sons cassés, du verre qui se brise, en vraie pop psychédélique ultra mélodique. Plus accessible que jamais, mais toujours avec cette identité étrange et immédiatement reconnaissable. “Things Move Fast” sort les guitares beaucoup plus franchement, avec une tension permanente qui semble être leur état naturel. Le morceau est un peu moins marquant que les sommets du disque, mais le niveau reste énorme.
Puis arrive “I’m Still in Love” et ses feux d’artifice utilisés comme éléments musicaux dans un refrain fou. Une idée simple en apparence, mais personne ne pense comme eux. Et derrière, “Sleight of Hand” est tout simplement un des plus grands morceaux du groupe : un refrain parfait, des textures incroyables, un morceau qui semble déjà annoncer des groupes comme MGMT, Ariel Pink ou Metronomy, tout en restant du pur Disco Inferno.
“Don’t You Know” apporte un côté beaucoup plus mélancolique, presque dream pop, avec ces fameux bruits de pas qui deviennent un vrai élément émotionnel du morceau. Une idée toute simple… mais encore fallait-il y penser. Ça me fait penser au The Velvet Underground de l’album au canapé, mais passé à travers le filtre Disco Inferno. “It’s a Kid’s World” pousse encore plus loin le psychédélisme pop, avec un morceau qui semble représenter l’enfance elle-même, comme un proto-MGMT sorti dix ans trop tôt.
Et puis il y a “When the Story Breaks”. Ce moment où l’instru démarre et où tout semble partir dans l’espace. Il y a quelque chose de Joy Division là-dedans… leur propre Joy Division, transformé par des samples, des textures et des mélodies venues d’ailleurs. Un morceau immense. Même les morceaux plus calmes comme “Can’t See Through It” ou “Over and Over” gardent cette capacité à hypnotiser sans jamais perdre leur identité.
Ce qui est fou, c’est qu’on parle ici d’un disque composé de morceaux épars, sorti alors que la séparation du groupe était déjà actée… et pourtant l’ensemble reste extrêmement cohérent. Disco Inferno avait un sens de la mélodie complètement hors norme, une créativité presque inépuisable et surtout cette capacité rare à inventer des sons sans perdre l’émotion. Chaque réécoute donne l’impression de redécouvrir des détails nouveaux.
Le dernier album d’un groupe culte.