Préambule nécessaire en termes d'honnêteté intellectuelle : j'ai été absolument subjugué par le single Man I Need, que je trouve prodigieux en termes de composition et de structure musicale. Il était donc tout naturel que j'écoute l'album dont il est issu, et je dois dire que je n'ai pas été trop déçu.
Les pistes 2-3-4 m'ont paru un petit peu plus faible que le reste aux premières écoutes, mais elles finiront peut-être par me convaincre. Pour le reste, sa voix a définitivement quelque chose de spécial (elle descend très bas sur le pont de Baby Steps par exemple, et reste impressionnante), et l'accent anglais lui donne une longueur d'avance indéniable sur ses homologues états-uniennes.
Je pense qu'elle est entourée par de très bons musiciens, et les instrumentales sont grâce à cela quelque part entre John Mayer et Alicia Keys (et c'est un sacré compliment dans ma bouche). Sur les thèmes abordés et les paroles, il n'y a rien de révolutionnaire pour une chanteuse de 26 ans : ça parle très souvent d'amour et de réalisation de soi. Sauf que le rendu dans les oreilles est définitivement et assez radicalement différent de ce que peuvent faire Taylor Swift ou Sabrina Carpenter de l'autre côté de l'océan, et ce ne sont que des changements qui vont dans le sens de ce que j'aime.
Au-delà du déjà légendaire (si si) Man I Need donc, laissez-vous tenter par une écoute du reste. Vous découvrirez de très beaux choeurs, des batteries bien rondes, des lignes de basse bien senties, et globalement une vraie identité et liberté musicales qui font du bien si on la classe dans la scène pop. Après Brat de Charli XCX l'année dernière et Future Nostalgia de Dua Lipa en 2020, on peut définitivement dire qu'on trouve des propositions plus tranchées dans le pays du fish and chips que dans celui des burgers. Et je prends le pari que ce genre d'albums se réécoutera mieux dans 10 et 20 ans que ce qui sort actuellement dans le second.