Chronologie The Beach Boys - Part. 8 : https://www.senscritique.com/liste/chronologie_the_beach_boys/4141338
Les Beach Boys continuent leur ascension fulgurante , 2 ans et demi après la sortie de "Surfin Safari" , et franchissent même un nouveau pallier avec la sortie de ce "Beach Boys Today". En effet au vu de leur trajectoire supersonique et étant peu à l'aise avec la vie sur la route, Brian a fait le choix de se concentrer sur l'écriture et la composition chez lui , en laissant le soin au reste du groupe de tourner sans lui, et en confiant une partie des premiers enregistrements instrumentaux au "Wrecking Crew". On imagine la déception des personnes qui vont les voir en live à l'époque, mais le moins que l'on puisse dire , c'est que le temps pris par Brian pour la composition se ressent clairement sur le résultat final.
Il y a une vraie orchestration, une vraie puissance et une vraie cohérence qui se dégage de chacune des chansons, avec des millions de petites touches instrumentales et vocales discrètes mais qui élèvent cet album au rang d'incontournable absolu de la pop de cette époque. Il n'y a plus vraiment de volonté d'être cool via les thèmes et les paroles, de séduire , d'appartenir à une case, on est dans l'introspection, les doutes à la première personne, et une sincérité vraiment désarmante tant Brian se dévoile même dans les pires aspects de sa personnalité.
Il se confie sur ses doutes ("Please Let Me Wonder") et défauts ("Good to My Baby", "She Knows Me Too Well") en tant que mari et en temps qu'homme ("When I Grow Up (To Be a Man)" , "In the Back of My Mind"), et il arrive à le faire en pondant des tubes stratosphériques. Il offre à Dennis le premier et le dernier morceau du disque , alors que ce sont probablement les deux chansons les plus éloignées en tout point, participant ainsi j'en suis sûr à la prise de confiance de Dennis en tant qu'artiste complet. Le premier est une orchestration magistrale , ensoleillée, d'une richesse infinie qui contrebalance idéalement la simplicité du morceau en lui même , c'est une fantastique reprise (qui sera également magnifiée par les Ramones quelques années plus tard) et la meilleure manière d'attaquer l'album. Le deuxième est une introspection nocturne avec un côté crooner qui marche super bien , et les imperfections de la voix de Dennis correspondent idéalement à la compo de Brian.
Pour le reste la première face est très up-tempo , là où la seconde a des morceaux plus lents et le groupe excelle dans les deux registres. C'est dans "Beach Boys Today" qu'on trouve les meilleures alternances Brian / Mike au chant au sein d'un même morceau, ce qui manquait vraiment dans le passé et sera peu refait à l'avenir. J'adore aussi le fait que Brian fait aussi chanter le plus gros tube du disque par Al ("Help me, Rhonda"), j'ai l'impression que même si il s'est isolé du reste du groupe pour composer il semble les avoir gardé en tête pour chaque morceau, en les mettant en avant dès que possible (à part Carl , peut être encore un peu vert à ce moment là du haut de ses 19 ans) et semble faire preuve d'une forme d'altruisme qui me bouleverse et qui rajoute au côté universel et solaire du disque.
J'adore sincèrement tous les morceaux (excepté cette étrange outro complètement hors sujet) , mais sur cette réécoute c'est le bouleversant "Please let me Wonder", d'une mélancolie à tomber par terre, qui me sera resté en tête le plus longtemps.