C’est l’album le plus connu de ce merveilleux organiste qu’était Jimmy Smith et à juste titre. Sorti en 1964, c’est aussi le 1er qu’il fait paraître sur le label de Norman Granz, Verve Records, après avoir été de longues années chez Blue Note (de 1956 à 1963). Smith va ici travailler avec l’arrangeur en chef de chez Verve, un touche-à-tout de génie originaire d’Argentine et qui s’est fait rapidement remarquer en faisant partie de l’orchestre de Dizzy Gillespie : un nommé Lalo Schifrin ! Ce dernier va vite devenir un des plus grands compositeurs de musiques de films et séries (impossible de les énumérer toutes !). L’association Smith-Schifrin fait des étincelles, on s’en aperçoit dès les 1ères notes, leur complicité saute aux oreilles, ce qui permet de créer des merveilles : Basin Street Blues, St Louis Blues, Blues in the night sont redécorés avec des arrangements luxuriants (quels cuivres qui envoient !!!). Et bien sûr, le « tube » de l’album, celui qui a donné son titre à cet album, The Cat, un classique du jazz, une mélodie imparable, dont Nougaro a fait une superbe adaptation en français avec « La Chat » et des paroles fabuleuses (comme toujours avec lui !). Le groove endiablé ne se calme que le temps d’un morceau, Delon’s blues composé par Smith en hommage à notre Samouraï national ! C’est ce qu’on appelle un indispensable, sans aucune facilité mais accessible, un disque qui met en joie et de bonne humeur, donnant immanquablement envie de claquer des doigts. Pour moi, le disque parfait pour faire découvrir le jazz à des personnes qui ne connaîtraient pas.