The Cherry Thing, c’est la collision de deux mondes : la voix magnétique de Neneh Cherry et la tempête libre du trio The Thing. De cette rencontre naît un album abrasif, habité, où le jazz explose ses frontières pour devenir cri, transe, révolte et caresse.
On y entre comme on plonge dans une mer agitée. Les reprises — de Suicide à The Stooges — sont arrachées à la peau de leurs auteurs pour renaître, âpres et viscérales. “Dream Baby Dream” devient prière incantatoire, tandis que “Too Tough to Die” vibre d’une rage sourde. La voix de Cherry est une flamme qui vacille mais ne cède jamais, entourée d’un tumulte de cuivres et de rythmes sauvages.
Tout n’est pas parfaitement équilibré : certaines envolées flirtent avec l’indigestion sonore, et l’intensité constante peut lasser. Mais on ne vient pas ici chercher la douceur — on vient pour l’embrasement.
À travers ses excès, l’album respire la liberté. Il ose, il dérange, il vit. Et s’il ne touche pas toujours juste, il frappe souvent fort.
Note : 7.5/10 — Une œuvre fougueuse, imparfaite, mais furieusement vivante.