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Critique de The Grateful Dead par XavierChan
L'autre grande kermesse psyché-blues, où l'orgue électrique nargue tout autant la guitare de Garcia, déjà bien excitée, que la basse jazzy de Lesh.
le 16 mai 2024
Le Grateful Dead commence son histoire en 1964 avec Bob Weir (guitare), Jerry Garcia (guitare, chant) et Ron McKernan (harmonica, chant), qui font partie d’un modeste jug band de la côte ouest, une sorte de groupe traditionnel entre folk, bluegrass et blues. Ça n’est pas encore le « Grateful Dead » mais on s’en approche avec The Warlocks, grâce à l’arrivée de Bill Kreutzmann en 1965 puis Phil Lesh. L’affaire semble bien lancée, reste maintenant à se faire repérer, ce qui ne va pas mettre trop de temps, l’époque étant à la contre-culture et aux expérimentations. La Californie en était alors l’épicentre. Le groupe participe à San Francisco aux 1ère soirées Acid Tests de Ken Kesey en 1965 mais, fichtre, voilà que le nom « The Warlocks » est déjà pris alors va pour « Grateful Dead » autrement plus classe. Les 1ères sessions studio du Dead remontent à 1965 (documentées dans le double CD « Birth of the Dead ») et les concerts s’intensifient surtout à Frisco et dans sa région où le collectif se fait remarquer pour ses folles improvisations et le talent des musiciens. Le Dead finit par être signé par Warner Bros en 1967, eh ouais, à ce moment-là, les majors savaient prendre de vrais risques ! L’enregistrement de ce 1er opus aura lieu à Los Angeles, aucun studio de qualité ne se trouvant à San Francisco. Les membres du groupe apprécieront peu ce déménagement car ils jugent que les groupes de la Cité des Anges sont largement fabriqués.
Alors, OK, c’est un 1er album imparfait et c’est presque normal, le déménagement à L.A, le label, la pression du contrat, ils ont peur de s’éterniser en studio et perdre leur énergie, tout cela n’aide pas à se sentir à l’aise ; et puis les musiciens ont tendance à vouloir trop en faire en glissant dedans toutes leurs influences (et elles sont sacrément nombreuses !!!) : c’est un album country, rock, pop, blues avec les reprises de « Good Morning Little School Girl », « Sitting On Top Of The World » ou encore «Viola Lee Blues », psychédélique aussi et la liste est loin d’être exhaustive. Le Dead se cherche encore et reste en studio majoritairement dans le cadre du morceau de trois ou quatre minutes guère plus. Le Dead est obligé de contrôler son jeu, bien plus exubérant en live et ça aussi, ça ne plaît pas trop aux musiciens inexpérimentés. Leurs reprises sont très bonnes et l’album en contient cinq. Sur les compositions personnelles, le groupe nous montre de vraies qualités mélodiques. On pourrait tout de même penser que c’est un groupe hommage aux vieux bluesmen ; il n’en est rien. Et c’est le « Viola Lee Blues » de plus de 10 mn, en toute fin d’album, qui fait décoller l’ensemble et nous montre l’avenir du groupe, sa capacité à se servir de ses racines profondes pour emmener la musique plus loin, ailleurs. Sur un vieux blues emprunté à Noah Lewis, la basse et la batterie tissent un rythme endiablé entrecoupé de soli interminables de Weir et Garcia. Là, on reste sans voix. Au bout de quatre jours de studio, l’affaire est pliée sauf que pour Warner, il n’y a pas de single potentiel (inconcevable à l’époque). Le groupe enregistre donc en vitesse « The Golden Road » et ce sera le single de l’album. On comprend à partir de ce bon album de rock direct et bien fichu que la suite risque bien d’être totalement passionnante et…elle le sera !!!
Créée
le 26 juil. 2025
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