Avec The Great Southern Trenkill, Pantera réussit la passe de 4 : enchaîner consécutivement quatre albums chaque fois convaincants, solides et bien produits ; le groupe, fort de sa régularité, laisse ainsi aux fans le soin de débattre sur lequel est le meilleur.
A titre personnel, c'est ce quatrième album (quatrième après le changement de maison de disque qui a transfiguré le son du groupe) que je retiens comme album le plus réussi du groupe ; ça tient à peu de chose toutefois.
Ce petit quelque chose, c'est sans doute la prise de risque du groupe qui ose d'avantage sur cet album d'assez longues parties instrumentales avec un côté Metal progressif inattendu.
Ce n'est plus le Pantera presque scolaire de Vulgar display of power (par ailleurs très réussi) ; on s'éloigne de la recette couplet/refrain/couplet pour des morceaux construits de manière parfois surprenante.
Ce qui distingue encore cet album des trois autres références du groupe, c'est la qualité des solos (10's et Floods en particulier) ; Dimebag est particulièrement inspiré sans en faire trop (ou trop long).
Seul bémol, le très (trop) gros son du groupe (basses et aigües à fond sans médiums) qui finit par être fatiguant pour l'auditeur. Il s'agit d'une remarque générale et donc valable pour les trois albums précédents, mais il se trouve qu'à partir de Cowboys From Hell le son du groupe est excellent mais aussi assez caricatural.
Pour les connaisseurs en guitare électrique : on part du micro le plus agressif qui soit (seymour duncan SH-13) pour une amplification 100 watts transistor (pas de lamptes) avec un mid-scoop à 100 % (le potard d'une tête Randall medium à 0) le tout pour arriver sur des HP 15 pouces (le standard c'est 12). Le parti pris est clair : "Bigger, Louder, Gainier" et est assez unique, il peut toutefois lasser au bout de quelques dizaines de minutes d'écoute car le son ne respire jamais.
En synthèse : probablement le meilleur album du groupe