En 2010, le Maître incontesté des claviers réunissait autour de lui une pléiade d’invité(e)s prestigieux/ses. Attention, on n’est plus dans le jazz même fusion dont il est une légende mais dans la pop world musique avec des musicien(ne)s de tous les horizons et tous les continents (Afrique, Asie, Amérique du Sud, Europe). Une musique ouverte à toutes les influences et dont le but est de réunir le monde, un message que porte Herbie depuis longtemps. On peut juger le projet opportuniste, délibérément « à la mode » : « Imagine » transformé en chant africain, « The times they are a-chnagin » en ballade irlando-africaine avec les Chieftains, Toumani Diabaté ainsi que Lisa Hannigan, chanteuse irlandaise…Mais ça n’est pas inintéressant du tout, au contraire, ça donne de nouvelles couleurs à ces titres qu’on connait tous. Et puis, cet album permet de réentendre deux immenses musiciens qui nous ont quittés depuis, Jeff Beck (sur « Imagine ») et Wayne Shorter sur « The song goes on ». En 2025, Herbie reprend encore « Footprints » de son vieux pote Wayne en nous disant qu’il n’est plus là « mais qu’il est toujours dans son cœur ». Mon morceau préféré est sans aucun doute celui avec Susan Tedeschi et Derek Trucks sur « Space Captain ». On a droit (heureusement !) à quelques jolis solos de piano (discret quand même) par exemple sur « La Tierra » version salsa, mais ça n’est pas dans ce registre que je préfère Herbie, bien sûr et j’aimerais qu’il nous sorte un vrai (dernier ?) album de jazz comme il savait le faire. Pour l’instant, cet album est son dernier bien qu’il continue de tourner intensément. Il est le dernier représentant des géants du jazz, et est même devenu Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO pour la promotion du dialogue interculturel en 2011.