Il s’agit d’une nouvelle version de son album de 2013, « The Last Ship », conçu pour être une comédie musicale. Et cette comédie musicale va faire escale pendant quelques semaines à la Seine Musicale, d’où cette version « augmentée » de cinq nouveaux enregistrements, notamment « Island of Souls », « Shipyard », « Ship of State (avec Renée Fleming) », « If You Ever See Me Talking to a Sailor (avec Frances McNamee) » et « O'Brien's Hymn ». Sting se penchait sur ses racines en rendant hommage à son père, travaillant sur les chantiers navals de Newcastle, tout près de là où le jeune Gordon Sumner a grandi. C’était aussi l’occasion de tirer un coup de chapeau à tous ceux qui y ont travaillé, suant sang et eau, nous racontant l’histoire du succès de ces chantiers mais aussi le déclin jusqu’à la fin d’un monde, le chômage voire la misère de nombreuses familles. Des chansons entre tristesse, nostalgie mais aussi espoir. Il a raconté qu’il avait tout fait échapper à ce monde industriel, travaillant dur pour cela à l’école et il y avait réussi. Mais ses racines sont bien là, il ne pouvait pas y échapper et c’est pour cela qu’il lui fallait écrire cette œuvre. Bon, on est loin du rock de The Police et même de la pop.
On est dans une ambiance plus jazz (ses 1ères amours) et surtout folk celtique qu’on retrouve dans « What have you got ? », « Shipyard », « So to speak » ou encore les flûtes de « The Last Ship ». Sting a lui-même reconnu que la musique folk de Newcastle ainsi que les chansons de marins faisaient partie de lui et qu’on en retrouvait des traces en écoutant bien dans certains titres de Police. Cet album peut désarçonner ceux et celles qui s’attendent à du rock qui dépote, certaines personnes n’aimeront pas, mais c’est sans doute l'album le plus personnel et le plus autobiographique de toute sa discographie. J’ai beaucoup aimé les morceaux les plus celtiques, moins l’intervention de Renée Fleming (un peu trop « Broadway » à mon goût mais sa voix est magnifique attention). On retrouve même dans le 2e CD Brian Johnson venu chanter «Sky Hooks And Tartan Paint ». Je serais curieux de voir ce que ça peut donner sur une grande scène à Paris (d’après les affiches, Shaggy sera invité pour cette série de représentations françaises). Sincère et touchant, à l'image du bonhomme.