Après un 1er album qui envoyait bien en 1987, Testament se dépêche de lui fournir une suite, un an après, avec « The New Order ». Ca dépote, c’est évident mais sans non plus nous mettre une claque comme Metallica pouvait nous en mettre à cette époque avec des albums fondateurs comme « Master of Puppets » ou encore « And Justice for all ». La bande à Ulrich et Hetfield révolutionnait alors le thrash metal, refusant de rester collés à un seul style pour proposer une fusion de toutes leurs influences (et elles sont nombreuses !). Testament est un bon groupe, solide comme un roc et qui sait balancer des uppercuts. Mais au-delà ? Il leur manque sans doute le petit truc qui en aurait fait un groupe d’envergure mondiale comme Metallica, Megadeth, Anthrax et Slayer ont su le faire. Le groupe nous offre de très bons moments, énergiques et rentre-dedans avec "Into The Pit", l’entraînant "Trail By Fire", ou bien du sans compromis "Disciples Of The Watch", nous avons là de quoi headbanguer à qui mieux-mieux. Nous pouvons également citer le pêchu « The Preacher » ainsi que la sympathique reprise du "Nobody's Fault" d'Aerosmith. Le dernier morceau, « Musical Death » nous montre les prouesses énormes de Alex Skolnick (avec des passages carrément flamenco avant de virer hard rock !). Mais il y a aussi du moins convaincant, un peu monotone voire manquant de cohérence comme le titre d’ouverture "Eerie Inhabitants" dont on a l’impression des bouts de différents morceaux collés les uns aux autres. Pas désagréable du tout mais pas totalement emballant, vous voyez le truc ? Comme s’il manquait un ingrédient à la recette, une petite pointe d’épices qui relèverait encore le plat. C’est cet album qui a été leur 1er vrai succès commercial mais ça n’est pas celui que je me passerai sans réfléchir.