À l’heure où Coverdale, fin 2025, a annoncé avec émotion que sa santé (sa voix ?) ne lui permettait plus de continuer l’aventure Whitesnake et qu’il arrêtait sa carrière sans avoir pu effectuer une dernière tournée (ou même un ultime concert comme Black Sabbath), je me suis replongé dans ce live de 2015, paru en 2018, sans doute l’ultime du sieur Coverdale. À moins d’ouvrir ses archives bien sûr, mais pour quel intérêt quand on voit déjà le nombre important de live du groupe qui existent avec les mêmes tubes indéboulonnables qui reviennent (« Is this love », « Ain’t no love in the heart of the city »…) ? Voilà un album simple dont l’écoute m’a laissé mitigé. L’équipe soudée qui entoure Coverdale est toujours efficace avec les deux guitaristes, Reb Beach et Joel Hoekstra, Michael Devin à la basse et Tommy Aldridge à la batterie. Sans surprise aucune dans la setlist, les tubes de Whitesnake plus quelques titres du Deep Purple Mark IV, le plus difficile est la voix de Coverdale, qui avec l’âge, est devenue très caverneuse et ne peut plus monter dans les aiguës comme elle le faisait. C’est normal mais ça fait mal surtout quand l’album commence avec « Burn », terriblement exigeante vocalement. Sur « Mistreated » la voix est très rauque mais ça convient plutôt bien au morceau. On peut faire le même constat sur « Here I go again ».
Le lion rugissant à la crinière flamboyante du passé s’est transformé en vieux bluesman à la voix rugueuse et on ne peut rien contre ça, c’est le cas pour pratiquement tous les chanteurs de cette génération (Macca par exemple n’y échappe pas). Le répertoire a donc dû être adapté, et les musiciens ont dû palier les faiblesses du leader. On devine aussi, comme sur le « Made in Japan » et « Made in Britain » précédents d’ailleurs, un gros travail de réenregistrement en studio. Alors, oui, c’est triste de voir un groupe qu’on a aimé, surtout à ses débuts pour moi avec Lord et Paice, s’arrêter, mais c’est la nature de la musique, un groupe si bon soit-il, n’est jamais là pour durer éternellement. Il dure plus ou moins longtemps et puis il passe, nous laissant pour les meilleurs de fantastiques souvenirs, que ce soit sur disque ou en concert. Un live de plus, le dernier on le sait aujourd’hui, et pas indispensable mais qui montre le temps qui passe inexorablement et contre lequel on ne peut rien, quel que soit l’énergie et la sincérité de Coverdale.