Ca faisait longtemps qu'un album ne m'avait pas pris aux tripes comme The Rack vient de le faire. Ca faisait longtemps que je n'avais pas sauté de ma chaise en entendant la première note d'un skeud emplir ma chambre. The Rack fait donc partie de la tuerie de 1991, année bénie au cours de laquelle furent produits des albums death désormais cultes, à l'image des sorties respectives de Dismember, Autopsy, ou même Darkthrone, dont le Soulside Journey n'a rien à voir avec le reste de leur discographie. Citons aussi en vrac Atheist ou Suffocation.
The Rack est donc un monstre de brutalité, une boule de nerfs musicale, qui commence pourtant par une intro au claviers, pour faire mine de poser l'ambiance. Et puis arrive The Vermin, premier titre qui démarre sur un blast infernal. Les bonshommes ont l'air plutôt pressés, et balancent des riffs assez thrashy, souvent mélodiques, et savent entrecouper leurs phases brutales avec des breaks relativement lents, mais toujours aussi dévastateurs et écrasants (La chanson-titre fait ici figure d'exemple parfait.). Ces compos directes et agressives sont en effet portées par un son très propre. La batterie n'est pas trop invasive, les guitares sont incisives à souhait, et on distingue clairement les lignes de basse. Enfin arrive le chant. Une voix crade, hurlée, bien dégueulasse, et pourtant pas gutturale ou grave à la Frank Mullen; Juste un chant hurlé dégueu, qui s'allie remarquablement bien avec l'instru. Martin Van Drunen (ancien de Pestilence, ce qui n'est tout de même pas rien) apporte à cette première galette d'Asphyx un aspect crasseux, dont on aime qu'il n'envahisse pas l'ensemble de la production et du mastering, comme c'est le cas pour pas mal de productions amateurs de l'époque.
The Rack est donc une petite perle du genre, qui, dès 91, permet à Asphyx de faire partie des leaders de cette scène death européenne, grâce à un album maîtrisé de bout en bout.