En 1967, McCoy Tyner signe sur Blue Note après les années passées dans le mythique quartet de Coltrane de 1960 à 1965 et s’être envolé vers d’autres cieux, plus personnels. Il est entouré ici de Joe Henderson, Ron Carter et Elvin Jones, une équipé à faire rêver tout/toute amateur/trice de jazz. Et c’est vrai que l’album est magnifique : des mélodies somptueuses toutes signées par McCoy, dont l’ouverture, le classique Passion dance, qu’on peut fredonner facilement, un quartet cohérent et complémentaire, une prise de son comme toujours exceptionnelle avec Rudy Van Gelder aux manettes de la console. Un pianiste au jeu extrêmement fin et efficace en même temps (l’un n’empêche absolument pas l’autre). Bien sûr, l’esprit coltranien n’est jamais loin évidemment et c’est particulièrement sensible sur Contemplation et Search for peace. Mais cet héritage n’est jamais envahissant et McCoy affirme d’abord son propre univers, sans doute le sens du titre « The real McCoy ». Le début d’une très belle carrière en leader, continuant d’enregistrer presque jusqu’à sa mort en 2020. A recommander chaudement pour découvrir un musicien sans doute un peu sous-estimé de son vivant.