En 2024, Hackett avait convié parmi ses invités au Royal Albert Hall Steve Rothery, la rencontre de deux légendes de la guitare, bien au-delà de la simple étiquette « rock progressif ». D’un côté le côté le plus progressif de Genesis : c’est au départ de Hackett en 1977 que le groupe devenu trio est devenu clairement plus pop. De l’autre, le maître des guitare (et des ambiances) de Marillion, au son toujours très « gilmourien ». Impossible de les confondre tellement chacun a une « empreinte sonore » unique. Le projet de cet album remontait à plusieurs années mais l’emploi du temps blindé des deux musiciens n’a pas permis qu’il soit enregistré avant cette année. Leur idée était de faire simple, sans prise de tête ni pression comme deux vieux potes qui se retrouveraient pour jouer dans leur garage : pas de grand orchestre, juste accompagnés de Riccardo Romano (claviers et basse), Leon Parr et Daniele Pomo à la batterie. Aucune surenchère donc dans cet album en duo que de nombreux fans attendaient mais un album d’ambiances et de nuances, qui privilégie les mélodies et harmonies à la virtuosité vaine qui chercherait à en mettre plein les oreilles à tout prix.
Dans un monde souvent dingue où la course est de rigueur (au profit, aux followers sur les réseaux sociaux…), ce « Roaring Waves » nous propose de nous poser et de nous offrir un voyage dépaysant, relaxant par bien des aspects, jamais ennuyeux vu le niveau des musiciens mais qui peut parfois manquer un peu de reliefs sur la durée. Un morceau comme « Red Dragon » a une intro assez celtique, à la vielle à roue, suivie d’une guitare électrique et ajoutant même du sitar, la chanson évoquant le nom d’un navire de la East India Trading Company à ses débuts. L’évasion est garantie. C’est mon morceau préféré. La mer est souvent présente dans cet album instrumental, sous une forme ou sous une autre. Et puis, le dernier morceau, plus punchy, plus blues rock, nous emmène directement vers la Californie avec « Pacific Coast Highway », avec un harmonica et il fait du bien. Un vrai bon album même si j’aurais préféré un ou deux morceaux un peu plus marquants. Mais on entend bien que Hackett et Rothery voulaient privilégier avant tout l’album comme un tout qui se tienne avec des morceaux liés les uns aux autres.