Bande originale rêveuse, dotée d’un onirisme mélancolique qui tend à se polariser autour d’un très beau thème principal exposé dès la piste 1 et repris en guise de clausule (« …Care of the Spitfire Grill »), The Spitfire Grill souffle une poésie à la fois douce et âpre, en parfaite osmose avec le film de Lee David Zlotoff. James Horner prend soin ici de contrebalancer la fragilité du thème par des motifs folk entraînants, dont l’un d’entre eux deviendra par la suite un thème à part entière et repris par l’orchestre (« Open for Business » dans « Reading the Letters »). Le piano et le violon permettent à l’œuvre de s’envoler, la guitare quant à elle privilégie une peinture pittoresque du milieu dans lequel évolue le personnage. Nous retiendrons, entre autre, le refus du compositeur de tomber dans des sonorités éculées et sa volonté ferme de maintenir le merveilleux jusqu’au bout. Car la force de The Spitfire Grill réside dans le retour constant d’une atmosphère de paix et de sérénité face aux difficultés de l’existence, et il fallait bien James Horner pour célébrer cette formidable rédemption, en partie oubliée aujourd'hui…