Il y a des albums qui ne cherchent pas tant à impressionner qu’à capturer. Time Capsules II est de ceux-là : un recueil d’instantanés, de fièvres adolescentes, de battements de cœur jetés dans le vent avec la sincérité d’un journal intime. Premier opus du groupe Oberhofer, mené par l’impulsif Brad du même nom, ce disque vibre moins par sa maîtrise que par l’ardeur qu’il déploie.
Dès les premières secondes, une forme de vitalité désinhibée s’impose. On sent un besoin presque urgent de dire, de jouer, de hurler parfois – comme si chaque morceau était écrit dans un souffle, à la va-vite mais avec une flamme impossible à feindre. “HEART”, avec son titre en majuscules, donne le ton : c’est le cœur qui parle, brut, sans filtre. Il y a quelque chose de terriblement attachant dans cette spontanéité, cette volonté farouche de saisir l’instant, même si les contours restent flous.
Mais si chaque chanson semble porter en elle un éclat, l’album dans son ensemble peine à trouver une ligne claire. L’enchaînement des morceaux manque parfois de relief, comme si les émotions, bien que vraies, restaient à l’état d’esquisses. On devine des intentions fortes – la nostalgie, l’exaltation, l’insécurité même – mais elles peinent à se développer pleinement. À trop vouloir enfermer l’instant, on oublie parfois de le construire.
La production, fidèle à une esthétique DIY, conserve une fraîcheur lo-fi qui sied bien au propos, mais elle révèle aussi les limites d’une approche encore tâtonnante. On aurait aimé, parfois, que certaines idées prennent le temps de s’épanouir, que les silences soient aussi parlants que les cris.
Et pourtant, malgré ses flottements, Time Capsules II ne laisse pas indifférent. Il s’écoute comme on relit de vieilles lettres – avec tendresse, parfois avec un brin de gêne, mais toujours avec le sentiment d’être face à quelque chose de vrai. Ce n’est pas un grand album, mais c’est un album sincère. Et c’est peut-être là, dans cette tension entre le désordre et l’intention, que réside sa force.
En définitive, ce premier album est une promesse plus qu’un aboutissement. Un 7/10 qui dit l’affection, mais aussi l’attente : celle d’un avenir où Oberhofer saura canaliser sa fougue sans la trahir. En attendant, Time Capsules II nous offre de beaux éclats – imparfaits, certes, mais profondément vivants.