Non, je n'ai pas découvert Dylan par les années folk, encore moins par la trilogie électrique ou Blood on the Tracks. Mais par Oh Mercy, son excellent album considéré comme un retour en forme après une décennie 1980 décevante et produit par... Daniel Lanois (sur le conseil de Bono). Cela suffisait à mettre le Dylan de l'époque dans les noms que je devais suivre autant que des figures plus jeunes du Rock de l'époque. Et ce alors même que le meilleur morceau des sessions (Series of Dreams) avait été écarté (il différait de toute façon trop de la tonalité d'ensemble de l'album).
Et puis à la fin des années 1990 on peut imaginer que Dylan souhaite reformer une équipe qui gagne... et renoue avec Lanois. Pour un album à la hauteur des chefs d'oeuvre passés. Outre la qualité des chansons, la principale force de Time out of Mind est de retravailler la musique populaire américaine traditionnelle en lui ajoutant une ambiance crépusculaire, fantômatique, comme Eastwood l'avait fait pour ses réalisations dans le western. Sans doute le travail de Lanois y est-il un peu pour quelque chose. Dylan n'invente plus une époque, il est classique et de son temps. Ce ne fut pas un gros succès, mais Adele et Bryan Ferry reprirent To make you feel my love. Il faudra attendre 2020 pour voir un Dylan entre temps nobélisé refaire un grand album.