Après le succès mondial de Let’s dance en 1983 et l’énorme tournée mondiale qui a suivi, Bowie est artistiquement vidé. Pourtant sa maison de disques insiste pour avoir très vite un nouvel album. Il pense d’abord à un live de la dernière tournée mais l’idée finit par être abandonnée. Il reprend une bonne partie des musiciens qui ont travaillé sur Let’s dance mais pas Niles Rodgers, le producteur. Ce dernier n’a pas forcément apprécié mais en a déduit que David voulait démontrer qu’il était capable seul de sortir un album à succès. Et cet album, soyons honnête, est un des ratages de sa discographie, David en avait parfaitement conscience. C’est peut-être son seul album (avec le suivant ?) qui contient plus de mauvaises chansons que de bonnes, c’est dire ! Sur 9 morceaux, il y a 5 reprises, 2 morceaux écrits avec son pote Iggy Pop (bof…) et 2 titres seulement écrits par David seul : Loving the alien et Blue Jean, les 2 seuls singles tirés de cet album et sans doute les 2 morceaux à sauver de ce marasme bien fade. David nous sort encore une musique pop-rock-funk comme sur Let’s dance mais aussi teintée de reggae et rhythm’n’blues. Les reprises sont parfaitement dispensables avec en particulier un échec complet sur God only knows des Beach Boys noyée dans els cordes et où David en fait vocalement des tonnes, à tel point qu’un journaliste l’a ici comparé à un « chanteur de bals et mariages », dur mais réaliste ! Même Tonight, en duo avec la grande Tina Turner, n’y change rien, pas un morceau pour rester dans l’oreille. On a du mal à s’imaginer qu’il s’agit du même artiste qui a réalisé Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Heroes ou encore Scary Monsters ! Même si l’album a plutôt fonctionné, surtout en Europe bien plus qu’aux Etats-Unis, David a parfaitement compris qu’il ne lui était pas possible de tourner avec ces nouvelles chansons dans un show suffisamment solide. Il allait falloir attendre 1987 pour en avoir une suite mais guère plus convaincante, avec une créativité inexistante, Never let me down.