C’est vrai que cet album de 1983 fait du bien. Non que ce soit un chef d’œuvre, pas du tout (surtout si on pense à Goodbye yellow brick road ou Captain Fantastic, la comparaison ne tient pas) mais après des années de médiocrité absolue et d’excès et de provocations en tous genres, Elton faisait un joli retour sur le devant de la scène. Le retour de Bernie Taupin qui signe avec lui tous les titres fait aussi plaisir puisqu’il avait quitté le « navire Elton » en 1976 en allant s’installer aux Etats-Unis, pour n’y revenir que de façon sporadique sur tel ou tel titre. D’où des albums au mieux médiocres voire catastrophiques comme Victim of love en 1979 (le pire de toute sa carrière sans grande hésitation). Elton retrouve aussi ses musiciens des années 1970, le bassiste Dee Murray, le batteur Nigel Olsson le guitariste Davey Johnstone ainsi que Ray Cooper, Kiki Dee et la harpiste Skaila Kanga. Bref, on sent comme un regain d’énergie, d’inspiration dans cet album. Evidemment, le gros tube, I’m still standing, figure ici : la chanson d’un survivant, sous bien des aspects, un homme revenu de très loin mais qui est toujours bien là, décidé à s’en sortir, sur une mélodie imparable, voyez les salles debout chanter le refrain lors de sa tournée d’adieux, Farewell Yellow Brick Road, fabuleux ! Mais cet album contient aussi I guess that’s they call it the blues et Kiss the bride (2 autres excellents morceaux interprétés aussi lors de cette ultime tournée), irrésistible. Le reste de l’album est bon, quoique plus banal, le titre final, One more arrow, est une très belle chanson avec un superbe écho sur la voix. Les titres bonus qui ont été ajoutés à cette édition remasterisée, n’apporte comme d’habitude pas grand-chose (sauf pour les complétistes), ce sont de simples faces B parfaitement dispensables. Au final quand même, un très bon album à redécouvrir, surtout si on pense à ceux qui l’ont précédé…