En 2016, Ana Popovic réalisait un projet qu’elle avait en tête depuis quelques années : raconter une journée en trois disques avec trois ambiances différentes. Le pari était osé mais il est en grande partie réussi. Le 1er CD est pour le matin, un réveil bien punchy avec un funk-soul gorgé de cuivres éclatants et c’est Joe Bonamassa qui la rejoint pour « Train » puis Robert Randolph pour "Hook me Up" ! Pour la pause déjeuner (2e CD), vous espériez vous poser un peu ? Que nenni, puisque la belle Ana vous a concocté un menu plein de blues rock dont un « You got to love » très tonique. Enfin arrive le soir (CD3) et là, Ana sort de son univers habituel pour se diriger vers des ambiances plus jazz. Elle a reconnu que c’était cet album-là qui avait été le plus difficile à enregistrer car elle avait dû réviser ses classiques («In a sentimental mood », « You don’t know what love is »). Jouer avec un jazz-band était aussi une première pour elle. Sa Strato habituelle est alors posée au profit d’une Gibson, ce qui donne d’autres sonorités à sa musique. Pour "Heaven's Crying", c’est la légende de la batterie Bernard Purdie qu’elle invite. Tout ça aurait pu tourner en rond voire pompeux, ça n’est pas mon préféré de sa discographie, mais il se révèle tout de même gouleyant car varié et avec des invités de haut niveau. Ne la ratez pas si vous avez l’occasion de la voir en concert, elle finit souvent au milieu du public, à faire danser et chanter tout le monde !