Il y a des albums qui s’imposent d’emblée par leur impact émotionnel, et d’autres qui intriguent, stimulent, voire déroutent. Ufabulum, sorti en 2012, appartient à cette seconde catégorie. Avec cette œuvre, Squarepusher – alias Tom Jenkinson – signe un disque radicalement électronique, où la virtuosité technique semble parfois primer sur l’intimité sonore. En l’écoutant, j’ai été frappé par une double sensation : celle d’une admiration sincère pour la rigueur de la composition, et celle d’un léger recul face à l’univers presque inhumain qu’il déploie. D’où ma note de 7/10, qui reflète à la fois mon respect pour l’ambition du projet, et mes réserves sur son accessibilité émotionnelle.
Cet album n’est pas là pour séduire ni rassurer : il provoque, questionne, stimule — mais il ne cajole jamais. C’est une œuvre que l’on traverse davantage qu’on ne s’y installe, comme un paysage numérique aux contours tranchants, brillants, mais parfois glaçants. Ce que j’ai voulu faire dans cette critique, c’est rendre compte de cette ambivalence : l’attrait pour la mécanique sonore et la frustration que peut provoquer son hermétisme. Car Ufabulum, avant d’être un simple album, est une expérience, une proposition esthétique poussée à son paroxysme.