Avec Ultraviolet (2013), Kylesa poursuit son virage psyché entamé sur ses précédents albums. Moins frontal que Spiral Shadow, ce disque explore une palette sonore plus subtile, entre lourdeur sludge et envolées atmosphériques. Un mélange intriguant, parfois captivant, parfois déroutant.
Le duo vocal Laura Pleasants / Phillip Cope fonctionne toujours à merveille. Leurs voix alternent force brute et mélancolie planante, offrant une dynamique riche, notamment sur des titres comme "Unspoken" ou "Steady Breakdown". L’ambiance générale est plus introspective, presque hypnotique, marquant une volonté claire de s’éloigner des sentiers trop balisés du metal classique.
Mais cette prise de risque n’est pas sans failles. Le milieu de l’album manque de relief, certains morceaux se perdent dans des structures trop similaires ou des idées pas assez poussées. Cette impression d’essoufflement limite un peu l’impact global de l’œuvre.
Ultraviolet reste un bon album, sincère et audacieux. Il ne touche pas toujours juste, mais propose une vraie identité sonore, avec ses zones d’ombre et de lumière. Une œuvre de transition, imparfaite mais attachante, à l’image de ce 7.5 bien mérité.