What the Brothers Sang est un disque qui ne crie jamais, mais qui chuchote juste. Dawn McCarthy et Bonnie “Prince” Billy s’y retrouvent autour des chansons méconnues des Everly Brothers, non pour les réinventer, mais pour les célébrer à hauteur d’âme. Et si l’album touche, c’est d’abord par ses voix.
Le cœur de cet hommage, c’est leur union vocale. McCarthy, avec sa clarté presque enfantine, et Oldham, plus rugueux et terrien, forment un duo d’une complémentarité rare. Ils ne cherchent pas la performance, mais la communion. Leurs timbres s’enlacent dans une simplicité presque fragile, où chaque tremblement, chaque silence compte. Par moments, on a l’impression d’écouter un couple qui se parle doucement, dans l’ombre d’un souvenir commun.
Mais cette justesse intimiste a un revers : le disque manque parfois de contraste. Trop uniforme dans ses tempos et ses textures, il finit par se fondre dans un climat mélancolique un peu figé. On aurait aimé que leurs voix, si complices, explorent plus de tensions, d’aspérités, d’inattendus.
Reste un projet sincère, humble, et par endroits bouleversant. What the Brothers Sang ne révolutionne rien, mais rappelle que deux voix bien accordées peuvent suffire à émouvoir.
Note : 7,5/10