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Avec ce troisième album solo, Noel Gallagher signe sans doute son disque le plus clivant, aussi bien auprès des fans que de la critique. C’est un album sur lequel mon avis a beaucoup évolué, et sur lequel il continuera probablement d’évoluer, tout simplement parce que c’est un disque qui nécessite plusieurs écoutes et qui reste difficile à cerner.
Le principal problème, selon moi, vient de la direction artistique. Noel tente des choses, introduit une forme d’expérimentation, mais sans jamais aller complètement au bout. L’album se situe dans un entre-deux assez inconfortable : trop éloigné d’Oasis pour une partie des fans historiques, mais encore trop proche de ce son pour ceux qui attendaient une vraie rupture et une prise de risque plus franche.
Cette confusion est renforcée par le contexte de sortie, notamment la parution quasi simultanée du premier album solo de Liam Gallagher, qui, lui, assume pleinement un retour à un rock très classique. La comparaison devient alors inévitable.
On sent que Noel cherche une nouvelle direction, mais sans savoir exactement laquelle. Il avance, recule, teste, se ravise. Certains choix, comme l’ajout d’interludes, donnent l’impression d’un album conceptuel… alors qu’il ne l’est pas du tout, ce qui accentue ce sentiment de flou.
Côté paroles, là où les deux premiers albums solo montraient une réelle amélioration, celui-ci marque un net recul. Certaines chansons dépassent le simple non-sens habituel associé à Oasis pour tomber dans quelque chose de maladroit, voire gênant. Keep On Reaching, par exemple, souvent perçue comme une attaque directe envers Liam Gallagher alors en plein retour en grâce, sonne aujourd’hui particulièrement pathétique — et sans doute que Noel lui-même porterait un regard critique dessus désormais.
Enfin, certaines expérimentations paraissent forcées. L’exemple des percussions aux ciseaux illustre bien ce malaise : dans un contexte réellement expérimental, pourquoi pas, mais venant d’un artiste dont on attend soit une continuité, soit une vraie rupture, cela donne surtout l’impression d’un geste mal assumé.
Au final, c’est un album instable, autant dans sa construction que dans la perception qu’on peut en avoir.
Créée
le 29 déc. 2025
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