Noel essaie de faire de l'art, mais il a oublié les chansons

Avec ce troisième album solo, Noel Gallagher signe sans doute son disque le plus clivant, aussi bien auprès des fans que de la critique. C’est un album sur lequel mon avis a beaucoup évolué, et sur lequel il continuera probablement d’évoluer, tout simplement parce que c’est un disque qui nécessite plusieurs écoutes et qui reste difficile à cerner.


Le principal problème, selon moi, vient de la direction artistique. Noel tente des choses, introduit une forme d’expérimentation, mais sans jamais aller complètement au bout. L’album se situe dans un entre-deux assez inconfortable : trop éloigné d’Oasis pour une partie des fans historiques, mais encore trop proche de ce son pour ceux qui attendaient une vraie rupture et une prise de risque plus franche.


Cette confusion est renforcée par le contexte de sortie, notamment la parution quasi simultanée du premier album solo de Liam Gallagher, qui, lui, assume pleinement un retour à un rock très classique. La comparaison devient alors inévitable.


On sent que Noel cherche une nouvelle direction, mais sans savoir exactement laquelle. Il avance, recule, teste, se ravise. Certains choix, comme l’ajout d’interludes, donnent l’impression d’un album conceptuel… alors qu’il ne l’est pas du tout, ce qui accentue ce sentiment de flou.


Côté paroles, là où les deux premiers albums solo montraient une réelle amélioration, celui-ci marque un net recul. Certaines chansons dépassent le simple non-sens habituel associé à Oasis pour tomber dans quelque chose de maladroit, voire gênant. Keep On Reaching, par exemple, souvent perçue comme une attaque directe envers Liam Gallagher alors en plein retour en grâce, sonne aujourd’hui particulièrement pathétique — et sans doute que Noel lui-même porterait un regard critique dessus désormais.


Enfin, certaines expérimentations paraissent forcées. L’exemple des percussions aux ciseaux illustre bien ce malaise : dans un contexte réellement expérimental, pourquoi pas, mais venant d’un artiste dont on attend soit une continuité, soit une vraie rupture, cela donne surtout l’impression d’un geste mal assumé.


Au final, c’est un album instable, autant dans sa construction que dans la perception qu’on peut en avoir.

audreyl61
4
Écrit par

Créée

le 29 déc. 2025

Critique lue 10 fois

audreyl61

Écrit par

Critique lue 10 fois

D'autres avis sur Who Built the Moon?

Who Built the Moon?

Who Built the Moon?

5

Teacher_L__ن

le 30 nov. 2017

Suivre

Crise de la cinquantaine

1994, deux chiens fous débarquent dans le monde du Rock, veste Umbro et Ray-ban Wayfarer, la morgue chevillée au corps, porte-étendard de la Working-class britannique et surtout, une symbiose...

Who Built the Moon?

Who Built the Moon?

8

AmarokMag

le 14 déc. 2017

Suivre

Espièglerie

Après deux premiers albums solos réussis, voire très réussis (Chasing Yesterday étant franchement emballant), le plus âgé des frères Gallagher (50 ans cette année) revient quelques semaines après le...

Who Built the Moon?

Who Built the Moon?

5

Colis_sournois

le 13 déc. 2017

Suivre

Trop produit

Il y a plusieurs problèmes sur cet album. Noel Gallagher sort un album rétro comme a son habitude sauf que sa méthode de composition est radicalement différente. Résultat la patte Gallagher si on...

Du même critique

Definitely Maybe

Definitely Maybe

8

audreyl61

le 29 déc. 2025

Suivre

L'alignement parfait entre l'intention et l'exécution

J’ai découvert Oasis tard. Je suis née en 1996, je n’étais donc pas née à la sortie de Definitely Maybe, et avant 2021, je ne connaissais du groupe que Wonderwall et Don’t Look Back in Anger. C’est...

(What’s the Story) Morning Glory?

(What’s the Story) Morning Glory?

7

audreyl61

le 29 déc. 2025

Suivre

Le paradoxe du faux best-of

Comme pour Definitely Maybe, j’ai découvert What’s the Story (Morning Glory) tardivement, en 2021. Avant ça, je connaissais déjà Wonderwall et Don’t Look Back in Anger, mais l’album dans son ensemble...

Be Here Now

Be Here Now

6

audreyl61

le 29 déc. 2025

Suivre
Dernière modification

le 29 déc. 2025

Le chef-d'oeuvre inécoutable

Be Here Now est sans doute l’album d’Oasis qui divise le plus. Et, comme pour les deux précédents, mon rapport à ce disque est très particulier, d’abord parce que je ne l’ai découvert qu’en 2021...