Non mais regardez-moi cette fabuleuse pochette mythique, ça n’vous donne pas envie de vous balader avec un t-shirt imprimé de ce dessin de gros félin ? Puis avec votre clope à la gueule et votre coupe Longueuil aux pwèls longs et gras, non mes chatons, vous n’ferez pas lavette dans la ruelle de chats de gouttière en vous rendant à votre prochaine soirée métal au bar Ti-Pépère. où il y a spécial deux pour un sur la Labatt Wildcat jusqu'à minuit... oh yeah...
En 1980, tout juste évadé du zoo de la New Wave of British Heavy Metal et ayant l’intention de faire rival à un autre gros félin de ce mouvement, qui sortait aussi sa première galette la même année et qui deviendra international trois albums plus tard, on a ces chats sauvages de Tygers of Pan Tang qui sont nul autre qu’un Robb Weir à la guitare, un Jess Cox au chant, un Rocky à la basse et aux sticks, kicks and gong, un certain Big Dick ; absolument mes minettes !
Pour ce premier forfait, nos quatre greffiers enragés nous proposent un album heavy métal à tendance hard rock (un heavy rock finalement) contenant que des tounes aux riffs qui vous agripperont comme la chatte agrippe ses petits par la peau de la nuque. Pas de ballade parmi ces 10 chansons au caractère du tigre en chasse. Jess Cox, de plus, à une voix qui nous fait penser à celle de Paul Di’Anno mais en juste un peu plus aigus et qui sonne plutôt nasillarde sur la chanson Wild Catz. Ce heavy rock brut, à la Raven et Thin Lizzy, qui semble n’avoir rien de révolutionnaire est pourtant du même acabit que celui du premier album du Léopard Sourd, avec ses petites pépites que sont Killers (à la basse prédominante) et Insanity, toutes deux teintées d’une ambiance glauque en restant énergiques. Or, le seul défaut de ce Wild Cat est que, sur une ou deux chansons, si on reste assez attentif, on s’aperçoit que le riff principal ressemble trop à celui d’une pièce précédemment entendue. Ce qui, de toute façon, n’étouffe en rien notre plaisir.
Donc, s’il y a des matous qui ronronnent, il y en a d’autres qui bavent et qui rugissent. Ainsi, les Tygers, avec ce disque, nous montrent qu’ils font définitivement partie de la deuxième race. Cette race très rare de félins que vous n’trouverez certainement pas au pet shop La Boule de Pwèl ou au disquaire Le Stylet qui Grafigne, voisin du bar Ti-Pépère. Vous allez devoir vous contenter du t-shirt, on dirait…