Chaque seconde de cet EP est une agression, un rejet total de toute compromission. Le groupe ne veut pas plaire, il veut détruire, il veut tuer. Et dans cette démonstration de haine féroce, il renaît, plus fort, plus froid, plus intelligent.
Maniac (l'hurleur du groupe) n’a pas une voix, il a une plaie béante dans la gorge, il hurle l’apocalypse comme s’il la vivait en boucle dans sa tête. On le sent au bord de la rupture, pas parce qu’il joue un rôle, mais parce qu’il est réellement possédé. Une rage sans filtre, brute, primitive. Un cri de haine.
La batterie de Hellhammer, on en parle ? Ce n'est plus de la percussion, c'est de la Guerre. Il ne joue pas, il massacre, il explose. Chaque blast est une balle dans la tête de l'auditeur trop faible (faible… PEUH!). Le rythme est implacable, sans répit, sans compromis. Une machine à tuer qui n'en a rien à faire de ton petit confort ou de tes attentes sur un "nouveau Mayhem" … mais lol, meurs ! Non ? C'est mieux.
Wolf's Lair Abyss, c'est ce mini album court mais dense, intense, une attaque éclair, éclair de haine pure, pure concentrée glaciale. Le chaos, l'essence même du groupe jusque dans le nom, n'a que rarement été si bien maitrisé.
De l'ancien chanteur, Dead, je ne connaissais que la cervelle dégoulinante de son crâne par la photo prise d'Euronymous (lui-même décapité par Varg Vikernes, tous anciens membres du groupe). Et ce Wolf's Lair Abyss, c'est un doigt d'honneur aux fans tièdes, à tous ceux qui croyaient que Mayhem avait tiré le rideau ou allait se calmer. Non, ils étaient revenus comme des bourreaux. Comme pour mieux nous pendre avec nos propres entrailles.
Et si tu es encore vivant après l'écoute de cette galette, bah...c'est que tu étais déjà mort intérieurement.