Second tome de la saga Rois du Monde de Jean-Philippe Jaworski. On y suit Bellovèse devenu adulte, plongé dans des luttes de pouvoir et tensions entres peuples celtes.
Ce premier volet de Chasse royale met surtout en place les enjeux politiques et mythologiques, avec une atmosphère sombre et immersive, avant de basculer dans une fin plus intense et épique qui lance véritablement l’élan. Le rythme peut sembler lent, presque exigeant, en début de lecture. Mais cette montée en tension trouve sa justification dans la dernière partie.
La fin du livre change de registre, plus lisible, plus d'action, et surtout bien plus épique. Jaworski, avec sa plume si particulière, y déploie toute sa puissance narrative, entre tragédie et héroïsme. Surtout la toute fin qui nous laisse un sentiment de grandiose avec cette envie folle de lire sa suite.
La saga des Rois du Monde est le pendant celte de l'univers créé par l'auteur. Et ce que je trouve remarquable, c'est cette qualité de l'auteur de puiser sur le peu de matériel disponible sur les civilisations celtes pour nous livrer une histoire ambitieuse, brillante sur la forme et l'atmosphère. Sir Jaworski a puisé dans l'Histoire Romaine de Tite-Live (première invasion de l'Italie du Nord par des Gaulois à l'époque de Tarquin l'Ancien entre le VII et VIe siècle avant JC). Les personnages de Bellovèse (Seigneur des bituriges), son frère Ségovèse et leur oncle Ambigat retrouve vie le temps d'une saga.
En me renseignant encore autour du livre après ma lecture, j'y ai appris bien des choses. Jean-Philippe Jaworski s'est donc inspiré de l'histoire pour l'intégrer dans un imaginaire tout en essayant de comprendre ce qui peut pousser un peuple à devenir conquérants. Le nom de ce peuple, les bituriges, signifiant Rois du Monde en gaulois. Il a voulu traiter cette histoire dans une mythologie (une fantasy) tout en se demandant comment un personnage peut être poussé à devenir le premier grand conquérant au sein de son peuple, tout en observant que c'est un facteur qui se voit souvent dans l'histoire: Qu'est-ce qui motive des migrations et des invasions ? Et pour avoir une réponse à cette dernière question, il n'y a qu'une solution : la suite, vite
Lecture exigeante, une montée en puissance pour finir sur un souffle épique qui marque l'esprit. J'ai lu les dernières pages sans réussir à décrocher.
On m'avait pourtant prévenu car il s'agit d'un livre qu'on m'avait conseillé à plusieurs reprises (et avec un peu d'insistance qui me faisait peur) depuis ma lecture de Gagner la Guerre du même auteur. Mission accomplie, je suis vaincu.