Huit ans après leur dernier album, les frères Hartnoll signent avec Wonky un retour aussi attendu que déroutant. Entre fidélité à leur héritage rave et clins d’œil appuyés à une électro plus contemporaine, Orbital propose un disque inégal, mais loin d’être anodin. Une œuvre qui, malgré ses aspérités, mérite le détour.
Dès Straight Sun, le duo rappelle son savoir-faire : beats progressifs, nappes hypnotiques, montée en tension millimétrée. On retrouve cette énergie maîtrisée qui a fait leur gloire dans les années 90. D’autres morceaux comme Stringy Acid prolongent cette veine old school avec efficacité, ravivant les souvenirs de dancefloors passés.
Mais Wonky, le morceau-titre, clive. L’intervention percutante de Lady Leshurr injecte un twist grime inattendu. Une tentative de modernité qui déroute plus qu’elle ne séduit, donnant au disque un relief un peu bancal — fidèle, sans doute, à son nom.
Le projet est solide, la production impeccable, mais l’ensemble manque parfois de souffle émotionnel. Loin d’être un simple retour opportuniste, Wonky assume ses choix, ses failles, et sa personnalité fragmentée. Ce n’est pas un sommet de la carrière d’Orbital, mais une prise de risque sincère et rafraîchissante.
Note personnelle : 7.5/10 – un come-back imparfait mais authentique.