Le business du rock a ses secrets qu’il vaut mieux ne pas trop remuer. Tiens, tenez ce live de Yes, le 2e de leur carrière. Il est sorti en 1980 après l’album « Drama » le 1er sans Jon Anderson, le chanteur emblématique de la formation progressive, remplacé par Trevor Horn. Cet album avait été très fraîchement accueilli par les fans, bien qu’ayant des qualités. La tournée qui a suivi a été houleuse, le groupe secoué par ses fans mécontents. Qu’à cela ne tienne, la maison de disques, Atlantic Records, a fait paraître juste après un double live de Yes mais…avec Jon Anderson puisqu’il comprend des titres enregistrés entre 1976 et 1978 ! Comme s’il s’agissait d’apaiser la colère de tout ce petit monde et puis, voilà de quoi remplir les caisses facilement en attendant (peut-être) un retour du chanteur dans le groupe. C’est Chris Squire qui a supervisé cet album. Bon, la sélection des titres est forcément différente du précédent live mais on y perd aussi en énergie.
Ça joue tout de même formidablement avec en point d’orgue « The gates of delirium » qui fait toujours son petit (gros ?) effet. Un très grand moment. À noter que les titres les plus intéressants ("Ritual" et "The Gates of Delirium") sont issus de la tournée "Relayer" de 1976, avec Patrick Moraz aux claviers. C’est l’album «Going For the One » (1977) qui décroche la timbale avec 3 morceaux inclus dont le morceau titre qui fonctionne formidablement en concert. C’est pour cet album-là que Moraz avait été viré et que Rick Wakeman était revenu. On a donc droit aux deux claviéristes sur ce double live. Ce qui donne un côté plus fourre-tout avec des tournées différentes et moins rentre-dedans. Certains morceaux sont un peu plus « mous du genou », c’est le cas de « Parallels » et de «Wonderous Stories », bien moins convaincants. Au final, un bon live mais un sérieux en dessous de « Yessongs » qui reste pour moi la référence de Yes en concert, avec le coffret « The world is live » magnifique.