Yessongs (Live)
7.9
Yessongs (Live)

Live de Yes (1973)

En réécoutant ce double live de Yes, le 1er de leur longue discographie, force est de reconnaître qu’on tient là sans doute son meilleur et que en 1973, le groupe écrasait la concurrence et pas n’importe laquelle avec King Crimson et le Genesis de Peter Gabriel ! Pas rien quand même. Mais là, le groupe était au sommet de sa puissance et la suite, avec parfois des éclairs, ne touchera plus jamais les étoiles comme elle le fait ici. Faute peut-être à des querelles d’ego qui n’ont jamais vraiment cessé ? Oui, je l’avoue, il m’est parfois arrivé de m’ennuyer en écoutant certains de leurs concerts (au hasard Glastonbury 2003...) et pourtant, je les admire beaucoup. Pour cette tournée enregistrée durant l’année 72 aux États-Unis, Canada et Londres, Yes met les petits plats dans les grands et concocte une setlist qui ressemble fort à un best of, où figurent en intégralité le chef d’œuvre « Close to the edge », la presque totalité de « Fragile » (à l’exception de « South side of the sky ») et « The Yes Album » de 1971. Un répertoire en béton armé quand on sait la qualité extrême de ces albums, avec des titres en or massif comme "Yours Is No Disgrace", "Perpetual Change", « I’ve seen all good people », « Long distance runaround ». Allez, si on veut ronchonner, la qualité sonore de l’original n’était pas éblouissante mais il a fini par être remasterisé en 2023 et il claque.

Au-delà des titres, c’est la puissance du groupe qui est remarquable même sur les morceaux les plus longs, ça joue fort et vite, impressionnant ! Dès les 1ères notes de «Siberian Khatru » et de « Heart of the sunrise », on comprend que ça va dépoter. Ce qui n’empêche aucunement nos musiciens de faire preuve d’une grande finesse en plus de leur virtuosité habituelle. Trois pièces incluent le batteur original Bill Bruford, tandis que les autres présentent son successeur, Alan White. Rick Wakeman a même droit à son moment en solo avec « The Six Wives of Henry VIII » de 1973. Steve Howe balance des riffs et solos acérés. Bien sûr, tout n’est pas aussi millimétré qu’en studio et c’est ça qui est intéressant car là, les morceaux y gagnent une dynamique monstre avec parfois les petites imperfections qui peuvent se produire en concert. L’énergie dégagée ici emporte tout sur son passage et malgré les 2h de concert, on ne s’ennuie pas un instant. Du grand art et pourquoi pas l’album à recommander aux personnes qui voudraient découvrir le rock progressif et qui ne sauraient pas par où débuter ? Et puis poursuivre ensuite le coffret « The Great Deceiver » de Crimson (1973-74) et le live 1975 de Genesis au Shrine Auditorium de Los Angeles figurant dans le coffret « Archives vol I ». Voilà de quoi se rendre compte de ce que pouvait donner ces groupes majeurs dans les années 70 en public.

JOE-ROBERTS
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le 4 mai 2026

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