Zoo de Ceremony, c’est un cri contenu, une rage qui préfère la tension au déferlement. Loin du hardcore primal de leurs débuts, le groupe explore ici les terres plus froides et angulaires du post-punk. L’atmosphère est sèche, presque clinique, mais toujours électrique.
On sent le feu couver sous la surface : Citizen, Repeating the Circle… autant de titres qui murmurent là où avant, on hurlait. Ce silence relatif n’est pas un manque, mais une tentative — parfois brillante, parfois un peu vaine — de réinventer le langage de la colère.
L’album fascine par sa mue, même s’il trébuche parfois sur sa propre retenue. Tout est maîtrisé, peut-être un peu trop. Il manque une brèche, une faille, quelque chose d’instinctif. Mais ce moment de transition a une beauté propre : celle d’un groupe qui ose bifurquer, quitte à perdre en fulgurance ce qu’il gagne en profondeur.
Un disque de passage, imparfait mais sincère. Un 7/10 lucide et plein d’attente.