Retranscription des souvenirs de l’auteur concernant ses trois années passées en prison au Japon pour détention illégale d’armes à feu.
Quelques planches en couleurs en introduction pour fixer le cadre des saynètes qui vont suivre. Celles-ci sont en noir et blanc avec un dessin extrêmement soigné, précis jusqu’à la minutie, dessins qui fourmillent de détails, lesquels détails donnent une réalité étouffante aux récits ; des dessins striés de traits noirs croisés et entrecroisés comme les mailles d’un filet.
Le lecteur partage ainsi le quotidien des détenus qui selon, cherchent, ou à accélérer le temps, ou à le ralentir. Ce temps, fait de gestes encadrés et répétés sans cesse. La prison, au Japon, semble être une mise au pas permanente des hommes, mise au pas qui jamais ne se relâche. Tout est codé, calculé, mesuré, quadrillé, soumis à autorisation. Une soumission totale est exigée dans un cadre ordonné. Les seules joies des détenus (leur moment d’évasion ?) sont dans l’alimentation.
L’auteur insiste et rend bien cette obsession (car s’en est une) pour la nourriture (japonaise évidemment) qui occupe les esprits des prisonniers, au passé (souvenirs culinaires d’enfance), au présent (le menu du jour de la prison) et au futur (« ce que je mangerai quand je sortirai »).