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Avis sur Genèse - Superman, tome 1

Avatar Freytaw
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Superman bondit de toits en toits, agresse des hommes politiques véreux, sauve des squatteurs dans des immeubles en destruction, fuit les forces armées (policière et militaire), arrête des trains volant, et autres joyeusetés.
Pendant ce temps là, Clark Kent a du mal à payer son loyer, galère a combattre les politiciens véreux dans le petit journal où il bosse pour une misère, se "bat" sur le même terrain qu'une certaine Lois Lane, et continue de porter le deuil de ses parents adoptifs.

Vous l'aurez compris, on parle bien du mec qui aimait poser en slip avec un sourire colgate sur le toit du Daily Planet. Je parle au passé car ici Morrison tente une approche qui, si elle n'est pas nouvelle, a au moins le mérite de poursuivre sur des chemins beaucoup moins propres et formatés que ce que l'on croit connaitre du personnage quand on ne le connait effectivement pas.
Difficile pourtant de dire que l'histoire se veut rafraîchissante pour qui a l'habitude de lire du super-héros. Même pour du Morrison. C'est bon, bien écrit, avec quelques légère temporalité propre à l'auteur, qui sont parfois un peu prise de tête pour la compréhension, bien qu'il fasse ici l'effort de ne pas en abuser, mais ça reste très classique pour le héros bleu et rouge.

On a ainsi un premier arc présentant un Superman newbie, qui saute d'immeuble en immeuble pour sauver le monde façon "gauchiste", mais avec des super-pouvoirs et aucune finesse politique. Très proche des gens dans le besoin, ce Superman n'hésite pas à cogner là où ça fait mal, et clame à l'injustice au moindre coin de rue, ce qui lui attire les foudres des politiciens et de Lex Luthor, qui visiblement ne fait pas dans le social lui. Du moins si ils pouvaient quelques choses contre lui. Par contre Clark Kent se voit mis à mal avec les articles qu'il publie dans un petit journal qui manque de renommé face au géant Daily Planet, largement contrôlé lui, par les politiciens.
Morrison met en avant une structure social de Métropolis très contemporaine et marquante pour qui aime lire ce genre de choses. Cela reste plutôt subtile et évite les sentiers trop convenus de la dérision ou ceux de l'attaque frontale. Mais cela aide à mieux cerner ce Superman, plus sombre, mais aussi plus proche de l'Homme qu'il ne l'a jamais été.
Le côté bof de l'histoire, c'est qu'il nous sert tout les autres poncifs du héros. Un Luthor complètement égoiste et manipulateur, un Brainiac sorti de l'espace, un Metallo qui est trop jaloux de Superman, etc. Autant dire que ceux qui connaissent les origines du héros ne seront pas étonné pour deux sous des évènements qui se trament ici. Sauf peut-être pour le second arc présent dans le volume, mais j'y reviens après. C'est quelques peu dommages diront certains, mais en même temps, de grosse entorses et les gens se seraient mis à crier au scandale. Moi personnellement, je trouve que ça fonctionne et que c'est très plaisant à la lecture. Alors oui, on peut toujours se demander pourquoi réecrire les origines de Superman alors que deux ou trois ans plus tôt, Geoff Johns les écrivait à travers "Superman: Secret Origin", c'était en plus de ça pas si mal bien que cela restait là aussi très classique. Sans doute est-ce lié aux droits que DC possède sur la série et au long procès (que je ne détaillerais pas ici) qui oppose la Distinguée Concurrence aux familles de Shuster et Siegel, les créateurs du personnage.

Si le premier arc (sur six numéros) revient sur les premiers moments de gloire de Superman à Metropolis, le second (sur deux numéros) se veut plus controversé. En fait, il fait suite direct aux évènements du premier arc, tout en nous balançant le Superman actuel qui fait un bond dans le temps grace à la Légion des Super-Héros et leur "Time Bubble". Une manière assez amusante dont Morrison se sert pour réintroduire la Légion dans le mythe de Superman, mais aussi pour revenir au coeur de ses origines. Car cet arc est raconté en fait par le vaisseau (doté d'une IA) qui a embarqué Superman sur Terre. Nous revoyons ainsi la chute de Krypton (avec quelques détails amusant sur le chien Krypto qui intègre ainsi la continuité des New 52 de manière intelligente et crédible), puis la première rencontre entre Sups et la Légion. Le Superman du futur sert lui, à faire le lien entre tout ça. Il intervient dans ce passé, parce que la Légion a détecté que l'armée "Anti-Superman" (un groupe de super-villain pas très gentil gentil) s'est emparé de la batterie du vaisseau du kryptonien au moment où celui-ci était encore vulnérable. Une mise en abîme intéressante du personnage bien qu'un peu prise de tête à la première lecture (c'est quand même du Morrison, faut pas déconner).

Reste ensuite les back-ups, sur lesquels je vais passer rapidement (car j'ai déjà trop causé) qui présente un peu le personnage de Steel, réintroduit dans l'arc des premières années de Superman, puis de deux autres petites histoires qui reviennent sur Clark et sa famille, avant son arrivée sur terre, puis juste après leur mort. C'est sympathique sans être transcendant. Mais ça complète la mythologie du personnage et de ce qui l'entoure, version New 52.

Les dessins, c'est un peu le bémol du truc, c'est qu'ils sont, sans être mauvais, assez inégaux. Sans doute à cause des délais que Rags Morales a du mal à tenir. Certains visages sont assez moches par moment. Mais il ne faut tout de même pas renier les efforts fait par le dessinateur. Surtout qu'il s'améliore de numéros en numéros. Il est épaulé par Andy Kubert qui abat un boulot plus que satisfaisant.

Je fais aussi une dernière parenthèse sur le TPB US (la version FR sort chez Urban à la fin du mois, Sept. 2012) qui est juste superbe. Contenu éditorial important, et surtout, surtout, la publication des histoires remises dans le bon ordre ! Pour des raisons de dessin ou je ne sais quoi d'autre pas livré à temps, le deuxième arc a été publié en plein milieu du premier arc (soit je crois, au numéro #4 et #5). Ici, les histoires sont remisent dans le bon ordre permettant ainsi une meilleure compréhension de l'histoire, ce qui n'est pas dommage ! (ca l'est plus pour ceux qui sont restés au mensuel...). A noter d'ailleurs que dans d'autres cas, comme le premier TPB de Detective Comics, on se retrouve avec un back-up en plein milieu... Ce qui est totalement incompréhensible puisqu'il coupe un arc en deux. Heureusement, cette erreur n'a pas été répétée ici et ceci pour notre plus grand plaisir.

Vous l'aurez compris, j'ai finalement beaucoup aimé ce run de Morrison, malgré son scénario convenu. Mais l'approche qu'il a du héros et sa manière d'avoir réintégré entre autres, la Légion, m'ont complètement séduit. Maintenant, ça reste encore et toujours une lecture dispensable pour ceux qui connaissent les origines de Superman sur le bout des doigts. Ce ne sont pas les quelques changements dans la continuité qui justifieront l'achat.
Je mettrais donc un 6 pour ceux qui connaissent, mais un 8 pour ceux qui découvrent. Ca finira donc en 7 pour faire un bon compromis.
Je le recommande donc très certainement au nouveau lecteur, désireux de se lancer dans du Superman pour la première fois, et accessoirement, aux fans de Morrison qui aiment que les histoires se distillent des années durant jusqu'à révéler tout leur potentiel à la toute fin...

Retrouvez la liste des New 52 que j'ai, ou que je vais critiquer sous peu, ici :
http://www.senscritique.com/liste/Comics_l_integrale_des_New_52/133144/

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