La Guerre Eternelle

Avis sur La Guerre éternelle, intégrale

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La Guerre Eternelle, bande dessinée éditée en 1988, nous plonge dans un univers futuriste suivre les aventures du soldat Mandella. Ici les sauts Collapsar ont permis d'exploiter les trous de ver, de quoi rejoindre les coins les plus reculés de l'espace. Cette technologie de transport présente tout de même une spécificité. La perception du temps qui s'écoule durant le transfert, parfois de plusieurs dizaines d'années, diffère pour les astronautes embarqués lors du voyage. Pour eux le temps ralentit sa course à chaque saut, et franchir l'abime des galaxies revient à figer l'écoulement d'un sablier. Mandella lui va enchaîner les sauts Collapsar au point de voir défiler plus d'un millénaire sur Terre. Entrevoir le futur a ses avantages, mais pour notre héros le rêve va finir par tourner au cauchemar.

Le scénario, adapté du roman éponyme paru en 1963, repose sur un conflit de plusieurs siècles. L'humanité va affronter durant cette période les Taurans, une race extraterrestre dont on apprendra finalement bien peu de choses. Suivre Mandella va d'ailleurs offrir au lecteur un angle de vue passionnant, celui du simple soldat, contrastant avec les choix de sa hiérarchie quant à la campagne militaire à mener. Les ingrédients du space opéra sont réunis autour de cette guerre nébuleuse, mêlant technologie futuriste, géo-politique spatiale et odyssée humaine. Niveau narration, les voyages Collapsar offrent de belles ellipses, et la voix-off de Mandella accompagne régulièrement les vignettes d'un ton amère, lui qui est en proie au décalage généré par les bonds successifs dans l'espace.

Le portrait de l'armée, sans concession, est un élément frappant de la bande dessinée. La Guerre Eternelle revendique une saveur historique, Haldeman rapportant dans le récit des détails liés à son expérience du Vietnam. Censure, violence, embrigadement, rien n'est épargné à Mandella qui se retrouve pris dans un conflit qui le dépasse, et dont il ressortira meurtri. Si Haldeman se défendra de tenir des propos antimilitaristes, les pans de sa vie personnelle enrichissent considérablement la bande dessinée qui, en dépit d'un contexte SF sur fond de space opera, a quelque chose d'authentique. Niveau dessin j'ai trouvé le trait de Marvano agréable et constant, quoique les planches soient peu expansives en terme de couleurs et de détails. La bande dessinée a plutôt le mérite d'accorder son visuel à son ambiance, de la SF old school qui n'essaie pas d'en faire des tonnes.

(Février 2017)

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