Une intrigue bien intéressante bien que les réels enjeux ne soient dévoilés que tardivement ; en effet, beaucoup de tergiversion avant de vraiment arriver à définir un objectif. C'est dommage parce que Bergèse propose là un récit très documenté et qui change de la tournure habituelle. Aussi, on se demande comment l'auteur va boucler l'affaire puisque ça ne démarre que très tardivement. Mais voilà, sans point de vue ennemi, avec seulement nos héros en mission, l'intrigue se révèle rapide à résoudre (mais pas pour autant facile). Sans doute que la clef aurait été d'être moins bavard sur le début, être plus direct et surtout offrir un découpage plus aéré avec 3 strips par page maximum.
Ce n'est pas le seul reproche que l'on peut dresser au niveau du graphisme. Les couleurs comportent trop de dégradés numériques (couleurs à l'ordi) et cela gâche un peu le dessin. De même, le trait de Francis semble avoir faibli : certains personnages ressemblent trop à des pantins (mais je ne parviens pas à déterminer si c'est à cause de la couleur), certains mouvements sonnent faux, figés. Aussi, une manie du dessinateur depuis ses débuts sur la série, est de déborder son dessin (souvent des avions) hors de la case. Employé avec parcimonie, cela peut faire un bel effet, mais c'est ici systématique ; en fait, c'est souvent mieux d'ellipser les parties qui débordent : en coupant ainsi un avion, cela rend son mouvement plus dynamique. En débordant, cela le fige en quelques sortes, et casse donc le dynamisme de la case. Pour le reste, Bergèse reste un excellent dessinateur, même si ses compositions ne sont pas toujours géniales : des costumes, décors et appareils bien documentés, un beau jeu de lumière inspiré par Hubinon, de beaux affrontements aériens.
Bref, quelques défauts graphiques malheureux et une intrigue qui démarre trop lentement empêchent cet album de se hisser dans le haut du panier. Le plaisir reste malgré tout de la partie.