Ce tome est en fait composé de plusieurs courtes histoires surréalistes. Lorsque les deux auteurs ont decidé de tout compiler ensemble, ils ont tenté de lier chaque histoire entre elles en ajoutant une page de transition. Mais tout relier, vouloir à tout prix faire sens pour des choses si disparates, c'est saboter cette même volonté de sens; difficile en effet de retenir une intention globale au travers de ces diverses aventures. En revanche, chacune apportera une leçon de vie, une morale, un message.
Je préciserai tout de même que la première histoire met le lecteur sur une mauvaise piste: l'auteur semble annoncer un retour au comique burlesque du premier tome, mais les autres histoires vont plus loin, la critique se veut plus pertinente plus recherchée et surtout plus dissimulée sous un tas de métaphores colorées. Certaines histoires s'avèrent même assez sombres. Puis l'album se termine avec des histoires poétique faite de textes illustrés, tantôt amusantes, tantôt graves.
Dans cet album il est encore plus difficile de déceler où se situe la patte de Kramsky, sachant que certaines histoires sont l'ooeuvre de Mattotti seul, et que les autres ne sont que rarement signées (le dossier présent dans l'album précise tout de même que, si Kramsky n'agit pas directement sur l'histoire, il a toujours été influent sur Mattotti, on peut y voir là un travail indirect de ce scénariste). C'est un peu dommage bien que je doute que ce mystère ne soit pas la volonté des deux artistes.
Graphiquement Mattotti retrouve ses pastels adorés, et se permet un découpage plus nuancé que le graufier (attention, ce n'est pas péjoratif, j'adore le gaufrier!).
Bref, Labyrinthes est un véritable bordel mais ça ne manque pas pour autant d'intérêt; les commentaires sociaux sont pertinents, et le graphisme toujours épatant. A lire.