J'ai toujours eu envie de découvrir d'autres albums de Giménez dont je n'avais lu jusqu'à présent que Paracuellos et Barrio. Un jour, lors d'une vente de BD de seconde main, v'la-ti pas que je tombe sur une couverture qui m'attire, allez savoir pourquoi. La couverture est kitsch, digne de la sci fi des années 60, et puis mon oeil se porte vers les deux noms inscrits discrètements, et là, surprise ô surprise, je reconnais les lettres formant le nom de cet auteur que j'admire. Je feuillette tout de même l'intérieur pour dire que ce n'était pas un achat sur un coup de tête. Je trouve ça sympa, et le prix encore plus (4€) par rapport à l'état nickel de l'album. Emballé c'est pesé.

Et bien franchement, c'est pas mal du tout. Question dessin, c'est nettement plus détaillé que les récits autobiographiques que Giménez a pu offrir. C'est même carrément bandant! Giménez amène une épuration du trait et en même temps ça foisonne de petits détails toujours lisibles. Disons qu'il met le strict minimum de façon relative, comme si son standard du minimum était bien plus élevé que pour n'importe quel quidam. En un mot péjoratif : merveilleux! En plus, l'auteur se permet d'insuffler un look sixties (pattes d'eph', frange coupée) dont Iris semble en être une fidèle représentation (en plus elle est plutôt canon).

Mais Giménez, ce n'est pas seulement un bon dessinateur, j'avais pu remarquer au travers de Barrio qu'il adorait jouer de la composition et de la mise en page. C'est ici aussi le cas. Dès les premiers récits, on ressent la volonté d'explorer les limites de cette grammaire, Giménez joue avec le sens de lecture, la forme des case, les dessins qui se mêlent aux limites de la vignette.

Ce n'est pas tout, le travail de couleur est également remarquable, dans le sens où Giménez s'en sert pour rythmer son dessin (parfois il conserve le noir et blanc sauf un élément qui sera mis en couleur, et ce durant plusieurs cases), ou encore pour mettre en avant certains éléments (il manie à merveille les couleurs complémentaires).

Je ne connaissais pas Victor Mora, mais je dois dire que ses histoires m'ont fascinné. De façon intelligente, l'auteur s'efforce de nous faire un compte rendu de ce monde que nous découvrons au fil des pages, en même temps que Dani. Peut être pourrons nous reprocher une vitesse d'adaptation plus élevée pour ce personnage que pour nous lors de cette étude sociologique/anthropologique. On pourra peut être aussi reprocher quelques incohérences dans toutes ces explications scientifiques (s'ils ont pu reconsituter une atmosphère sur la lune, le ciel devrait être bleu ou à la limite une autre couleur) ou encore la pertinence des histoires (pourquoi quand il y a un problème c'est Iris, nièce d'un biologiste à peine adulte, et Dani, un ado du passé qu'on envoie pour inspecter tout cela?) mais je trouve ces points 'faibles' pardonnables par rapport au genre (la sci fiction présente toujours des incohérences).

A part ça, les histoires en soi sont plutôt bien écrites et bien rythmées, la transition d'une histoire à l'autre se fait naturellement et il en résulte une impression que toutes ces aventures se suivent de près. Victor Mora joue énormément sur le côté exploration, un thème qui fait souvent mouche chez les lecteurs qui ont pu garder leur âme d'enfant.

Bref, Dani Futuro est une série qui m'intrigue et maintenant que j'en ai lu ce premier album, je meurs d'envie de découvrir le reste, malheureusement, ce n'est pas chose simple, cette BD étant cataloguée comme 'oubliée' sur la plupart des sites Web.
Fatpooper
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le 26 déc. 2012

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