Le trait de Joe Matt est intéressant, mais ses histoires, apparemment inspirées de son enfance, pas tellement.
Un week-end dans une banlieue type à Lansdale. Terrain vague où des potes inconscients creusent des tunnels. Terrasse cachée d'où on peut voir des filles se faire bronzer seins nus. Chasse aux comics de collection, parfois dans des slums peu ragoûtants. Attente d'une fête foraine où doit apparaître une petite star de la télé, Dr Shock, sorte de Bela Lugosi.
Le personnage principal est volontairement antipathique : feignant, veule, lâche, monomaniaque dans sa passion pour les comics, et surtout très cupide. Ah, et il fait pipi au lit. Ses copains ne valent pas beaucoup mieux : Dave la petite brute, la gamine attardée dont ils se moquent, la soeur peste, la mère qui confisque les BD et fait la gueule, le père super mais assez absent...
C'est bien de montrer l'enfance sous son véritable aspect : sa mesquinerie, son côté étriqué. C'est honnête. Mais en même temps, à quoi ça peut bien me servir de savoir que Joe Matt pissait au lit (il insiste pas mal dessus) ? Je me le demande...