Je me souviens que j'avais été un peu déçu à la lecture des œuvres autobiographiques de Jeffrey Brown après ses 4 récits sur ses ex. Mais je n'en étais plus très sûr quand j'ai entrepris la relecture de celui-ci.


La grosse faiblesse, c'est le manque de fil conducteur : Jeffrey compile un tas d'histoire sur des sujets variés, parfois cela touche à ses ex, parfois ça n'a juste rien à voir. Ce n'est pas inintéressant mais l'on tombe tout de même un peu trop souvent dans l'anecdotique. Ce qui m'a surpris, c'est que ce ne soit pas une compilation d'histoires rédigées sur plusieurs années : tout semble avoir été fait dans l'optique de ce bouquin si l'on en croit les dates de réalisation indiquée à la fin du volume. Il reste tout de même des histoires intéressantes (la plus marquante reste celle du vieux à qui Jeff apporte le journal) mais ça ne va jamais assez loin. Par exemple lorsqu'il aborde ses déplacements pour des dédicaces, on s'attend à ce qu'il aille plus loin dans cette peinture de vie d'auteur de BD. L'on constatera aussi que c'est nettement moins expérimental, plus linéaire. Or justement la poésie permettait jusque là à l'auteur de rester dans l'anecdotique en en faisant une force.


Graphiquement, on sent la volonté de Jeff d'en faire plus, d'épater ses lecteurs et ses collègues (il le dit d'ailleurs dans une de ses histoires, il trouve ses originaux honteux). Cela reste beau et cela va renforce même la tournure narrative plus classique qu'il aborde ici. Mais il est évident qu'en même temps, cela perd un peu de sa beauté initiale, un peu naïve. Cela reste spontané, il reste d'ailleurs des erreurs qu'il ne prend pas la peine de corriger, et ça fonctionne. Mais c'est parfois un peu trop rempli de traits, trop construit. Pour ce qui est du découpage, c'est plus classique, plus linéaire, comme dit plus haut, mais c'est toujours lisible et compréhensible (même lorsque c'est rempli de hachures). Jeff se permet même de mieux travailler certaines ambiances.


Bref, c'est pas désagréable à lire mais il faut bien admettre que cet album ne marque pas autrement que par la déception qu'il provoque. J'espère quand même que j'apprécierai davantage la relecture d'a l'album autobiographique suivant.

Fatpooper
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le 2 août 2017

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